07 avril 2008

7 et 8 avril... Prénom

D'abord,
Bon Anniversaire !
Un quart de siècle !
Bravo !

à Samuel.

Ensuite, avec un jour d'avance, c'était classique dans le monde judéo-chrétien,

Bonne Fête ! Happy Name Day!

à toutes les Julie...

... celle qui est loin... Aura-t-elle sa rose ?
... celles que j'avais vu tourner autour de l'un ou l'autre de mes fils,
... telle petite-cousine ou petite-nièce...

Pourquoi choisir "Julie" comme prénom, celle fêtée le 8 avril ? ou la Patronne de la Corse fêtée le 22 mai, cette Sainte à la mythologie étrange ? La pudeur m'empêche de raconter ici le détail de sa légende. Cherchez vous-même ; vous serez édifié.

Mais aujourd'hui choisir un prénom pour ses enfants ou pour soi-même participe de logiques nouvelles. Autrefois, c'était rechercher en haut lieu l'appui d'un Saint Patron, honorer un ascendant, un oncle ou une tante ou un ami de la famille - tentative de pérennisation - voire attirer l'aura d'une star récente. Désormais c'est davantage affaire de mode, ou de démarquage par rapport à la mode - c'en est une autre - de consonance, de référence à d'autres cultures, d'inventivité, de recherche d'originalité...

En Corée, j'ai souvent croisé les mêmes prénoms issus du martyrologe romain : de nombreuses Lucy, ou Lucia - ç'a été le choix de Song-Ja - , ou son diminutif "Cia" écrit en deux syllabes "시아", des "Belladetta" résultat d'un aller-retour de transcription de "Bernadette", des Cecilia, des Anna, des Paul, des Mickaël, une Rose (de Lima), un Mathew... souvent en-dehors de tout contexte chrétien. Le fantasme occidental a décidément encore de beaux jours devant lui en Extrême-Orient. Ce phénomène touche aussi les ressortissants asiatiques ou africains noirs installés en Europe, mais très exceptionnellement les Maghrebins. Pourquoi ?

Mais vous, parents coréens, quelle référence avez-vous, ou quel projet pour vos enfants quand vous les prénommez : "유나, 유경, 현주, 정훈, 성자, 태훈, 선주, 계성, 광제, 영, 인, 민... " ? Que signifie cette coutume de donner à tous les enfants d'une fratrie le même premier prénom ? et, actuellement, cette mode de simplifier le prénom à une seule syllabe ? Certains prénoms sont-ils plutôt masculins, féminins, ambivalents ?

Choisir un (pré)nom n'est pas anodin. Le nom affecte la personne, à coup sûr ! Au point que dans certaines langues les concepts de "nom" et de "personne" ne sont pas différenciés. En hébreu, comme en arabe - deux langues soeurs - le mot SHèM désigne cet unique concept "nom-personne"... Si je fais erreur, Fatima, tu me corrigeras !

Pour ma part, je sais que mon prénom m'a marqué... encore davantage depuis que je vis près de Fontaine-lès-Dijon, berceau de Saint Bernard. Sauf le respect qui lui est dû, je me trouve un certain atavisme avec le saint homme, qui fut d'un côté contestataire et dissident des Bénédictins Noirs, Congrégation cheville ouvrière de la Chrétienté, mais par un autre côté plus papiste que le Pape. Je n'irai cependant pas jusqu'à prêcher la Croisade, quoique parfois... quand j'évoque l'expérience que la Providence m'a donné de vivre, je me vois marcher sur ce chemin.

Plus en amont, je me reconnais en symbiose avec les origines celtiques ou germaniques de mon prénom : amoureux de la langue de Goethe, intransigeant comme un chevalier teutonique, stigmatisé comme "ours" par nombre de mes intimes, entre autres Fatima-la-Gazelle... qui me trouve tout à fait chez moi dans cette tanière au fond des bois.

05 avril 2008

Allons au bois 숲에 가요



유경이 왔다 갑니다. 여기에 있는 모들 것들이 사랑스러웠어요.

사랑합니다 모들 것을 그리고 고마워요.

Merci. J'ai adoré venir ici, et tout !

(# 원 유경, 2003년 12월 28일)

Je suis venu ici pour la première fois en août 1958. J'avais quinze ans. Papa venait de nous informer de ce patrimoine où sa mère était bien empêtrée...

D'emblée, ce lieu particulier m'a impressionné. Il n'y avait à l'époque ni maison, ni piles de bois, ni route, ni table, ni bancs, seulement le chemin à droite à peine tracé sous le couvert des vieux arbres. Pour y parvenir il avait fallu s'armer de serpes, croissants et autres machettes, vaincre buissons, ronces et broussailles. Depuis le "chemin vicinal de Vitteaux à Villeberny" une bonne heure de crapahut était nécessaire.

Mais, arrivé ici... cette grosse borne, la calligraphie ancienne de son chiffre 5 gravé sur ses deux faces, la concordance certaine avec le plan sommaire dont nous disposions... ici je savais où nous étions.

J'ai ressenti de suite le potentiel tellurique élevé de ce lieu. J'avais quelque chose à vivre à cet endroit précis...

Cette borne marque le terminus du chemin venant de "La Chevelue" (Massingy-les-Vitteaux), et donc la limite de communes qui se poursuit en face sur la photo. A gauche, c'est Villeberny.

Notre grand-père, industriel malgré lui émigré en Pologne, avait acquis cette forêt en deux temps : ce qui est à gauche (sur Vitteaux et Villeberny) en 1920, et les parcelles de La Chevelue en 1930. Il voulait - c'est sa fille aînée, Tante Hélène, ma marraine, qui me l'avait expliqué - se ressourcer à ses racines rurales auxoises... autant que placer ses économies, en "bon père de famille".

Certainement, lui aussi s'est assis sur cette borne, il a regardé pousser les chênes alentour dont certains sont encore debout. Mais il n'a pas profité longtemps de son bien. Il est décédé fin 1930.

Plus je m'active ici, plus j'ai la conviction de marcher dans ses bottes. Je le connais à travers ce que je fais ici. Je vis pour lui ce qu'il n'a pas eu le loisir de vivre.

En 1982, ses sept enfants héritiers propriétaires m'ont nommé gérant de la forêt. J'assume cette responsabilité depuis plus d'un quart de siècle.

J'ai voulu transporter le coeur vital de la propriété ici. C'est l'endroit au sol le plus riche, celui qui mérite au mieux les investissements. J'ai fait acquérir douze hectares et demi de la même veine sur La Chevelue (qui avaient échappé à l'acquisition de 1930). Je les ai plantés en chêne. J'ai créé la route depuis le réseau public de Villeberny, qui dessert maintenant jusqu'au coeur de La Chevelue. J'ai construit la maison. J'ai aménagé une source vérifiée potable, à proximité, avec Laurence.

Désormais, c'est là que nous nous réunissons : les Associés-propriétaires, tous descendants de Joseph Hugueny, pour nos Assemblées Générales. Je me félicite qu'ils y viennent aussi pour leurs week-ends au vert : Michel et les siens, Dominique et ses amis. Laurence ma nièce et filleule s'est annoncée une fois de plus. Et c'est Mickaël, son fils, qui vient de me solliciter pour y passer du bon temps avec ses copains. Comme l'avait fait Samuel à plusieurs reprises avec ses amis d'Ecole - y compris les festivités du Jour de l'An ! Eux ou d'autres, c'est désormais une tradition !

Yuna, sa soeur aînée Yukyoung qui y avait rédigé les deux lignes en exergue, leur maman et leur tante ont aimé. Elles ont conduit le tracteur, chargé et déchargé du bois... apprécié la tranquillité... et le saumon grillé. Elles reviendront, probablement cette année.

Bien d'autres y sont venus... collègues ou stagiaires devenus amis : Fatima souvent avec moi ou en solitaire pour travailler, ou avec sa très nombreuse famille pour y danser "comme au bled", Armelle L. et sa famille, Thierry amateur d'espaces naturels, Odette..., Bernard C. ami de quarante ans et compagnon du Sahara et des sommets Alpins, Isabelle et Michel, Koh Young-Joon le musicien, lui aussi pour un mix de détente et d'activité... et bien d'autres... Emilie chérie...

Maud et Jérémy, collègues de cours de coréen devraient bientôt découvrir ce lieu réputé magique... quand il fait beau !

Et les autres amis Coréens :

Honneur à Gye-Sung qui m'avait introduit à l'Association des Coréens de Dijon. Beaucoup souffraient - me disait-on - de n'avoir jamais franchi la porte d'aucune famille française. Je me suis proposé. Gee-Eun et son mari sont venus chez moi. Mais, très vite, ils m'ont glissé à l'oreille que leur grand plaisir serait de pouvoir se retrouver à la forêt.

Ca rejoignait ce que j'avais vu en Corée : les week-ends d'été les forêts autour des villes grouillent de familles en pique-nique. J'avais vu ça dans les collines de Gwanaksan au sud de Séoul, dans la forteresse du Mont Geumjeong près de Beomeosa à Busan, autour de Hadong, le long des torrents qui dévalent de Jirisan... Je revivais avec délices le savoir-faire de Song-Ja à Sorokdo trente ans plus tôt.

Alors vous êtes venus. Souvent.

Rarement avec le beau temps.

Vous êtes même capables de ça !

(Pâques, 23 mars 2008)

Vous m'avez initié à la cueillette, à la préparation et à la dégustation des pousses de fougères. Indispensables pour un bibimpap digne de ce nom ! Depuis j'ai appris d'un de mes cousins que les paysans des Monts du Lyonnais partagent le même plaisir. N'ayez crainte : je surveille ! Dès les premières pousses, d'ici trois ou quatre semaines, en même temps que l'éclosion du muguet, je vous avertirai.

Vous avez même - encore merci à MM. LEE et PARK et leur famille - préparé le repas pour notre Assemblée Générale du 23 juillet 2005.

Sachez que vous y êtes toujours les bienvenus !

20 mars 2008

Passion



Trop loin.

Trop haut.

Trop près du soleil.
A s'y brûler les ailes,
à s'y éclater le coeur.

Tout seul.

(Jeudi saint 2008)
.
-o-o-o-

나 보기가 역겨워
가실 때에는
말없이 고이 보내 드리오리다.

영변에 약산
진달래꽃
아름 따다 가실 길에 뿌리오리다.

가시는 걸음 걸음
놓인 그 꽃을
사뿐히 즈려 밟고 가시옵소서.

나 보기가 역겨워
가실 때에는
죽어도 아니 눈물 흘리오리다.
-
Puisque tu t'affliges de me voir,
puisque tu veux me quitter,
je te laisse partir sans mot dire.
Sur le mont Yac à Yeongbyeon,
je cueillerai de pleines brassées d'azalées.
Je les jetterai à la volée sur le chemin qui t'emporte.
Pas à pas tu disparais...
Daigne fouler d'un pied léger
toutes ces fleurs étalées sous tes pas.
Si tu t'affliges de me voir,
si tu veux me quitter,
jamais, au grand jamais je ne verserai de larmes...

# 김 소 월 (KIM So-Weol)
Traduction : Bernard avec 박 영옥.

... mais moi, tous les jours, je pleurerai l'amie perdue.
Bernard.
-
그런데 나는 매일 잃어버린 친구를 생각하며
눈물을 흘릴것이다.
# 번역 / 박 영옥

22 février 2008

Ame-soeur ?


Pourquoi dit-on "âme-soeur" ? ... quand on veut signifier sa (son) partenaire du sexe complémentaire, pour la vie ! Pourquoi "soeur", alors que les relations visées sont tout autres que fraternelles ?

Dit-on ainsi dans d'autres langues ?

Je vous rassure : certaine étape ne nous a pas semblé opportune, à Julie et moi.

C'est la fleur du coeur que nous avons goûtée.
C'est à la pointe de l'âme que nous avons choisi de nous trouver.
Tout au moins :
Vers ce Jardin de Délices nous avons poussé la porte...

... là où se devine l'accord parfait,

... là aussi où ça tonne parfois du Feu de Dieu !


(Brisbane, Mont Coot-Tha, 2 janvier 2008)
-
PS : proposez-moi une version coréenne de ce message. Merci.

11 février 2008

Nam Dae Mun 남대문


(5 septembre 2007 2007년 9월 5일)


Cette nuit, Nam Dae Mun est partie en fumée.

오늘밤, 남대문이 재로 변했습니다.

Ceci m'attriste.
이 사실이 저를 슬프게 만듭니다.

En 1973, le monument m'avait impressionné : exemple parfait de cette architecture en bois que l'on retrouve partout en Corée... et dans tout l'Extrême-Orient.

1973년, 저는 한국과 극동지역에서 보이는 목조건축의 완벽한 예인 남대문을 보고 아주 놀랐습니다.

Témoignage de l'unification très ancienne de la culture. Formes incurvées du faîte, des arêtiers et des chevrons en bois ronds, dont je me suis toujours demandé s'il s'agit de laisser faire, voire d'accentuer, le fléchissement naturel que prend toute poutre posée entre deux appuis à ses extrémités, ou d'un choix esthétique significatif d'autre chose ? Aucun Coréen ne m'a donné la réponse.

문화적 고전양식의 조화. 용마루, 솟을각기와, 둥근 목조 서까래의 휘어진 형태를 보고, 양쪽 두 기둥을 받치는 기둥을 지탱하려고 자연적으로 구부러진 모습을 강조하려는 것인지 아니면 다른 미학적 선택인가 하고 항상 자문하곤 했습니다. 어떤 한국인도 답을 주진 못했습니다.

Sans doute êtes-vous trop habitués à voir ces formes-là partout, que vous ne les remarquez plus. Elles frapperont toujours l'oeil de l'Européen soucieux de formes rectilignes... depuis Descartes, depuis les Cathédrales, depuis la culture Maçonnique.

분병히 여기저기서 이런 형태를 보는 것이 아주 익숙해서, 한국인들은 주의를 기울이지 않았겠지요. 이 형태들은 프리메이슨 단, 성당건축, 데카르트 이후, 직선 형태에 고심하는 유럽인의 눈에 강한 인상을 줄 것입니다.

S'il vous plaît, expliquez-moi ces formes incurvées !
부디, 이 휘어진 곡선 형태들에 대해 설명 좀 해주세요 !

En 1973, Nam Dae Mun dominait tout le quartier historique Sud de Séoul. C'était l'entrée du Marché, lieu fétiche pour tout visiteur.

1973년 남대문은 서울 남쪽의 역사가 깃든 지역을 내려보고 있었습니다. 모든 방문객들에게 선호되는 장소, 남대문 시장의 입구였습니다.


Trente ans plus tard, Nam Dae Mun avait rapetissé face au gigantisme architectural de toutes les "City" des grandes capitales. J'ai pensé : dommage !

30년이후 남대문은 거대한 수도 "서울 시티"의 거대한 건축물 앞에서 아주 작아 보였습니다. 얼마나 유감스러운지...

Et puis, c'est resté un lieu de ralliement, c'est là que j'avais donné rendez-vous à mon fils Benoît (Jung-Hoon) en septembre dernier : lui rentrait en Angleterre depuis Daegu où il venait de passer deux semaines chez sa maman, et moi j'étais arrivé de Dijon la veille pour visiter mes amis à Suwon, à Séoul, puis à Busan et à Hadong.

그리고, 이 곳은 집결장소이기도 합니다. 여기서, 지난 9월 내 아들 브느와 (정훈)와 약속을 했던 장소지요. 대구의 생모 곁에서 2주를 보내고, 영국으로 돌아 가는 길이었고, 저는 디종에서 출발해 수원, 서울, 부산, 하동을 거쳐 친구들을 보기로 계획이 되어 있었지요.

Amis Coréens, reconstruisez Nam Dae Mun !

한국친구들, 남대문을 재건축해주세요 !

A côté de Jogyesa vous avez rajouté un pavillon il y a trois ou quatre ans. J'avais longuement observé le chantier... votre manière de tailler le bois pour obtenir ces charpentes merveilleuses.

조계사 근처, 한국인들은 3-4년 전 정자를 지었습니다. 이 공사장을 오랜동안 유심히 살폈습니다... 이 경이로운 골조물을 얻기 위해 나무를 자르는 방법을 보았지요.

Reconstruisez Nam Dae Mun !

남대문을 재건축해주세요 !

ou "Sung Nye Mun", si vous préférez.

한국분들이 원한다면 "숭례문"을 재건축해주세요 !

Cela ne serait pas la première fois.
C'est l'ami de la Corée qui vous le demande... et aussi l'artisan du bois.
J'aimerais tant y participer ! même financièrement.

처음은 아닙니다.
한국을 사랑하는 친구가 부탁드립니다. 목조 장인이기도 한 제가...
재건축에 참여할 수 있길 바랍니다. 재정적으로라도... 꼭 참여하고 싶습니다.
# 번역 / 노 선주와 박 영옥

26 janvier 2008

신데렐라 - 나비 Cendrillon - Papillon




선희 (Sun-Hee),

밤을 나는 나비,
"Sunny"라고
네 이름을 네가 즐겨 쓴다고 할지라도...


밤이 내리면, 너는 떠나갔다.
먼 변두리로, 지금은 다 비어버린 사무실들로 향했다.
거기서, 너의 장식을 벗고,
앞치마와 장갑과 작업모로 갈아입었다.
너의 도구들: 청소기, 물통, 그리고 걸레.
그 다음날 아침, 모든 것이 너의 뒤로 눈부실 것이다.

신데렐라.

밤이 깊어질 즈음, 바베큐를 둘러싼 사각의 등불 안으로
피곤한 몸을 이끌고
너는 우리와 합류했다.
미소짓는, 우아한, 기품있는 너의 모습에서는
그 피곤함이 전혀 보이지 않았다.
그리고 우리가 너를 위해 남겨 놓은 것에 만족하고
만끽했다.

신데렐라.

파티가 끝났을 때,
사진들만이 그 시간들을 기억할때,
비가 우리의 헤어짐을 잠시 미루고 있을 때,
너는 내 칼과 수저와 포크를 조용히 가져가
그것들을 닦기 위해 수돗가로 향했다.
그리고 그것들을 내 자리에 다시 살며시 놓았다.

신데렐라.
.
구름과 비를 밀치고
달이 나왔다.
이제 그 달 속으로 너를 감출 시간이다.

신데렐라 공주.

너는 성자와 Emilie를 생각나게 했다
나는 네게 나비를 선물했다.
너는 너의 가슴 위에 그 나비를 좋아한다고 말했다.
오늘, 나는 깨달았다:
나비, 그것은 너희들,
Julie, Boty, Zin, Hiromi, Lucy, Emy가 아니고...

... 바로 나라는 것을.

# 번역 / 박 영옥


Sun-Hee,

Papillon "de nuit"
même si tu te plais à écrire ton prénom
"Sunny".

A la tombée du jour tu t'en allais.
Tu partais vers la banlieue lointaine,
vers les bureaux maintenant désertés.
Là-bas, tu quittais ta parure,
tu revêtais tablier, gants et coiffe.
Tes outils : aspirateur, seau et serpillière.
Derrière toi, demain matin, tout resplendirait !

Cendrillon.

A la nuit profonde, tu nous rejoignais
dans le carré de lumière autour du barbecue.
Fatiguée, peut-être, ça ne se voyait pas.
Pimpante, souriante, princière.
Et tu t'arrangeais de la part de fête
que nous avions réservée pour toi.

Cendrillon.

Quand tout était fini,
quand les photos étaient faites,
quand la pluie suspendait encore l'heure de nous séparer,
tu prenais discrètement mon couteau,
ma cuillère et ma fourchette,
tu allais les laver à la fontaine,
et tu me les rapportais.

Cendrillon.

La lune apparaissait,
chassant nuage et pluie.
Tu devais t'éclipser.

Princesse Cendrillon.

Tu m'as rappelé Song-Ja, et aussi Emilie.
Je t'ai offert un papillon.
Tu m'as dit aimer ce papillon posé sur ton coeur.
Aujourd'hui, j'ai compris :
Les papillons, ce n'est pas vous autres
Julie, Boty, Zin, Hiromi, Lucy, Emy...

... c'est moi.


18 janvier 2008

상 장 "Prix"



Ce document est arrivé chez Sun-Ju pendant mon voyage auprès de Hyun-Ju.
C'est Young-Ok qui me l'a remis mercredi soir lors du cours de coréen.
Il a vite fait le tour du monde... de Velars à Busan, de Paris à Londres, de Saint-Martin-Belleroche à Hadong, de Dijon à Newbury, d'Oxford à Séoul, de Brisbane à Vancouver, à Lons-le-Saunier, à Pfaffenheim...
이 상장은 현주가 살고 있는 호주로 여행하는 동안 선주 집에 도착했다.
지난 수요일 한국어 강의가 있던 날 영옥이가 이 상장을 내게 전달해 주었다.
그 이 후로 이 상장은 급속히 전 세계로 전달되었다... 블라에서 부산으로, 빠리에서 런던으로, 셍-마뗑-벨호쉬에서 하동으로, 디종에서 뉴버리로, 옥스포드에서 서울로, 브리스번에서 벤쿠버로, 롱스-르-소니예로, 파펜하임으로...
-o-
C'est un petit quelque chose, mais j'en tire une certaine fierté, une joie extrême, et l'envie très forte de continuer.
이 상장이 별것 아닐 수 있지만, 내게 일단의 자부심을 주었고 동시에 큰 기쁨이었다.
그리고 한글 공부를 더 열심히 하도록 북돋아 주는 한 계기가 되었다.
Lecteurs francophones, vous êtes ici privilégiés... même si vous butez parfois dans ces pages sur des transcriptions de coréen, voire d'autres langues que la vie m'a fait approcher.
Mais vous autres, non francophones, vous aimeriez bien les parcourir. Elles vous concernent. Evidemment Yuna, Yukyoung et leur maman, Hyun-Ju et ses parents, KIM Tae Hoon, son épouse et leurs deux adorables gamines, et vous que je viens de quitter à Brisbane : Hiromi, Sun-Hee, Bokyoung, Hyojin, Lucy, Emy, Satoshi...
Alors, pour la circonstance, pour vous faire honneur, j'ai privilégié le titre en Hangeul.
불어로 쓰여 진 이 블로그에서, 불어를 사용하는 독자들, 비록 여기에 나오는 로마자로 표기된 한글 이름들이나 낯선 다른 나라 언어들이 당신들의 독서를 가끔 방해한다고 할지라도, 여기서 당신들은 읽는 데 있어서 우선하는 자리에 있다.
반대로 불어를 쓰지 않는 독자들, 당신들은 이 한글 이름들을 보자마자 이 이름들을 다 한번 훑어 보고 싶은 생각이 들 것이다. 왜냐하면 그 이름들이 다 당신들과 깊은 관계가 있기 때문일 것이다. 유나, 유경 그리고 그녀들의 어머니, 현주와 그녀의 부모들, 김 태훈, 그의 부인 그리고 착한 아이들, 그리고 얼마 전 브리스번에서 만났던 친구들 : 히로미, 선희, 보경, 효진, 루시, 혜미, 사토시...
이 경우에, 당신들에게 영광을 돌리기 위해서, 나는 이 글의 제목을 우선 한글로 이어서 불어로 적었다.

Il s'agit d'une récompense attribuée par l'Ambassade de Corée dans le cadre des cours de coréen qu'elle sponsorise.
이 상장은 한국어 강의를 재정적으로 지원하는 주불 한국 대사관으로부터 온 것이다.
Le 5 novembre dernier, Sun-Ju nous avait conviés à recopier un long texte en Hangeul... dont, à force des répétitions qu'il contenait et du vocabulaire que nous emmagasinions chemin faisant, nous avions compris qu'il s'agissait d'un code de relations sociales... à commencer par les relations intra-familiales. Une litanie d'extraits du catéchisme confucianiste...
지난 해 11월 5일 선주는 우리에게 한글로 쓰여 진 긴 글을 옮겨 쓸 것을 지시했다. 반복되는 내용들과 읽으면서 쌓이고 이해되어지는 단어들에 의해서 우리는 이 글이 사람들 간의 사회적인 관계의 예절을 다룬 글임을 알게 되었다. 이 글은 유교적인 예절을 다룬 글로서 우선 가정에서의 부모 자식 간에 지켜야 할 예절에서 외적인 사회관계에서의 예절로 나아가고 있었다.
En lisant ça et en recopiant, je bouillais, pas seulement intérieurement. Je retrouvais beaucoup de ce qui avait convaincu Yuna de quitter la Corée à dix-neuf ans ; elle n'avait pas supporté ce carcan.
이 글을 읽으면서 그리고 옮겨 쓰면서 나는 내적으로 큰 충격에 흽싸였다. 동시에 19살 어린 나이에 왜 유나가 한국을 떠났는지 충분히 이해할 수 있었다. 그녀는 이 사회적인 족쇄를 견디지 못했던 것이다.
Et pourtant, je lui ai souvent dit de ne pas tout jeter de sa culture d'origine... d'ailleurs, la politesse que mes parents m'avaient enseignée, et qu'ils avaient eux-mêmes vécue envers leurs parents - Papa a toujours vouvoyé sa mère, ça nous faisait sourire, mais nous le respections - n'était pas très éloignée de ces préceptes et conventions de comportement.
그럼에도 불구하고 나는 종종 유나에게 그녀의 전통적인 문화유산을 전부 다 버리지 말라고 말하곤 했다. 게다가 나의 부모님들이 내게 가르쳐 준 예절, 그리고 그들이 자신들의 부모들과 지켜 왔던 그 예절은 이 <소경> 에서 말하고 있는 것들과 그리 멀지 않은 것이었다. 실제로 나의 부모들은 서로 존댓말을 사용했으며 이는 우리들의 웃음을 자아내기도 했다.
Je m'étais néanmoins efforcé de recopier le texte de mon mieux, notamment en m'appliquant à écrire les traits de chaque lettre dans l'ordre que j'avais vu en particulier sur les tableaux imagés d'apprentissage de l'écriture aux enfants chez KIM Tae Hoon, à Busan.
이 모든 사정에도 불구하고 나는 이 글을 최선을 다해서 옮겨 썼다. 특히 부산에 살고 있는 김 태훈 집에서 아이들이 배우는 한글 쓰기 책에서 본 쓰기의 순서와 그 선들을 이어가는 방식들을 머리 속에서 되살리면서 한 자 한 자 써 내려갔다.
Et j'ai gardé les originaux, pensant que ça devait constituer un bon exemple d'écrit classique qui pourrait m'imprégner de vocabulaire utile et de constructions grammaticales académiques.
그리고 나는 이 원래의 글을 하나의 좋은 고전적인 글쓰기의 예로서, 그리고 단어와 문법 구성에 도움을 줄 수 있는 좋은 본보기로 생각되어 잘 간직해 두었다.
-o-
Mais j'étais à cent lieues d'imaginer un retour.
Ce prix, sorte de médaille d'argent, accompagné d'un bouquin, en coréen évidemment - mais avec quelques images - me va droit au coeur.
그런데 나는 이런 상을 받으리라고는 상상도 못했다.
은메달에 해당되는 것으로 한글로 쓰여 진 - 몇몇 그림들이 첨가된 - 책 한권과 더불어 나에게 온 이 상장은 나에게 큰 감동이었다.
Je le dédie en premier à la fois à Samuel... qui, à peine débarqué sur le sol coréen un petit matin de juillet 2001, nous avait dit : "mais cette langue est facile à lire... une vingtaine de lettres à mémoriser, c'est pas la mer à boire !".
De fait, à midi, il lisait (et comprenait 50% de l'affichage dans les rues et les métros, c'est de l'américain transcrit). J'ai suivi.
... et à Yuna auprès de qui j'avais tenté mes premiers essais d'écriture Hangeul. Elle, comme les autres, était très flattée qu'un "grand nez" s'intéressât d'aussi près à sa langue.
나는 우선 이 영광을 사무엘과 유나에게 돌린다... 사무엘은 한국에 발을 딛은지 며칠이 안된 2001년 7월 이른 아침 우리에게 다음과 같이 말했다 : " 이 나라 말은 읽는 게 그리 어렵지 않네... 어쨌든 20여개의 자음과 모음의 소리를 기억하는 것은 바닷물을 다 마시는 것과 비교할 수 없으니깐 ! "
실제로 점심때쯤, 사무엘은 거리와 지하철에 쓰여 진 한글을 (그 아래 한글을 로마자로 옮겨 적은 것의 도움으로) 50% 이상 다 읽었다. 나도 그를 따라서 읽기 시작했다.
... 그리고 유나는 내가 한글을 배우던 초기 시절에, 한글을 써 보고 있는 나를 보고, 다른 이들이 그런 것처럼, 큰 코의 외국인이 자기 나라 말에 관심에 있다는 사실에 매우 자랑스러워했다.
... et aussi à tous ceux avec qui ça s'est développé : chez KIM Tae Hoon, puis en compagnie de Hyun-Ju, puis au restaurant de la maman de Yuna à Hadong, puis au cours de mille rencontres ici, avec Gye-Sung, Gee-Eun et son mari, Jae-Hyoun le papa de Cia, LEE Kwang-Jae et la maman de Min (qui écrivaient du vocabulaire Hangeul sur les murs de leur appartement à Dijon, pour que le petit ne perde pas sa langue - j'ai fait de même chez moi !), Young-Ok, Myeong-Hee, Ji-Yeon, et d'autres (pardonnez que je ne puisse vous citer tous !).
... 그리고 내가 만났던 많은 한국인들에게 이 영광을 돌린다 : 김 태훈 집에서, 현주의 시골 집에서, 유나 어머니 식당에서 그리고 여기서 내가 만난 한국 사람들... 계성, 지은과 그녀의 남편, 시아의 아빠인 재현, 이 광재와 민이 엄마 (민이 엄마는 디종에 살 때, 아이들이 모국어를 잃어버리지 않도록 아파트 벽에 한글을 붙여 놓았었다. 나도 그녀처럼 우리 집 벽에 몇몇 한글을 써서 그것을 붙여 놓았다 ! ), 영옥, 명희, 지연, 그리고 다른 많은 이들... (여기에 그 이름들을 다 적지 못한 것을 용서하시기를...)
Pour enfin se formaliser dans des cours construits.
끝으로 이렇게 시작된 한글 공부가 제대로 결실을 맺기를 바란다.
-o-
Ca m'encourage à persévérer, non seulement l'écriture, mais aussi ce tissu social par-delà les continents et les cultures.
이 상은 단지 나의 한글 공부뿐만 아니라, 물리적인 거리와 문화의 차이를 넘어서 내가 이룬 이 사람들과의 관계를 계속 잘 가꾸고 유지하도록 용기를 북돋아 주었다.
Ces relations, j'ai voulu les travailler, les entretenir, les "labourer" - sans doute mieux que mon jardin -. Je continuerai. C'est utile à un niveau supérieur.
이 관계를 나는 배우고, 다지고, 내 정원보다 더 잘 가꾸고 싶었다. 나는 이 일을 계속할 것이다. 그러기 위해서는 좀더 나은 수준의 한글이 필요할 것이다.
Hyun-Ju, par exemple, m'a expliqué à Brisbane que sa mère en Corée vient de s'équiper d'Internet et que si je peux communiquer avec elle en Hangeul (puisqu'elle ne pratique pas l'anglais), et lui raconter ce que j'ai perçu de la vie de sa fille outre-mer, ça la rassurera.
마치 현주가 브리스번에서 나에게 말했듯이, 한국에 계신 어머니께서 집에 인터넷을 연결했는데, 만일 내가 한글로 현주 어머니께 현주가 먼 이국땅에서 잘 지내고 있는지를 말해주면, 한국에 계신 어머니께서 마음이 많이 놓일 것이라고 했다.
Et elles viendront en France sans hésiter.
그러고 나면, 주저함이 없이 그녀들은 프랑스에 올 수 있을 것이다.
Aujourd'hui, c'est Benoît à Londres qui se met sérieusement à réapprendre sa langue maternelle, qu'il a parlée jusqu'à trois ans et demi... puis perdue en quatre semaines, remplacée par le français au même niveau de langage. Son retour au pays se prépare.
오늘, 런던에 살고 있는 브느와(정훈)는 그가 3살 반까지 말했던 모국어, 그리고 한 달 만에 그 말을 다 잃어버리고 같은 수준의 불어로 대체했던 그 모국어를 다시 진지하게 배우기 시작했다. 모국으로의 귀환을 준비하고 있는 중이다.
# 번역 / 박 영옥
-o-
선주 씨 감사합니다 !

24 décembre 2007

Hyun-Ju (Julie)

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Julie, ce soir c'est Noël.

Chez nous en Occident, oui. Mais désormais partout sur la Terre. A Brisbane où tu es, c'est bientôt minuit, Noël doit y battre son plein !
Pardonne-moi d'abord de publier cette photo (qui a déjà plus de trois ans) sans avoir eu ton autorisation expresse. A l'époque je ne parvenais pas à te convaincre que tu pouvais être une "pretty girl". Maintenant, tu le sais ! Et c'est la beauté de ton coeur que reflète ton visage.

Il m'a semblé que l'honnêteté vis-à-vis de mes lecteurs m'obligeait à te présenter dans ces pages. Car ils sont nombreux qui se demandent quelles sont nos relations :
Nous nous connaissons depuis cinq ans et demi. C'est Yuna ton amie de jeunesse qui nous avait rapprochés.
Ni toi ni moi n'oublierons jamais ce premier après-midi en tête-à-tête au Starbucks-Café de Somyeon où, malgré la difficulté du dialogue en anglais hésitant, nous avons tout de suite beaucoup partagé. L'un comme l'autre, nous nous efforcions d'exprimer et de comprendre ce que l'amitié naissante réclamait d'échanger.
Puis : les rendez-vous à l'entrée du Lotte, les retrouvailles d'une année sur l'autre, le shopping - quel plaisir pour moi que tes conseils sur le choix des T-shirts ! - les séances photo avec tes amies, les petits restaurants, les longues discussions, les vagues à Haeundae, les cadeaux, le séjour à Hadong où je t'avais sollicitée comme interprète entre la maman de Yuna et moi, la rose que tu m'avais offerte pour ma fête - première fois dans ma vie ! - les dîners autour d'un crabe à Millak (c'est la photo ci-dessus prise par KIM Tae-Hoon), la visite à ton Université, la journée touristique jusqu'au Temple de Yonggung et les photos avec ce garçon qui aurait bien voulu être ton boyfriend, le métro qui nous emporte, les appels téléphoniques entre Velars et Busan, tes lettres merveilleuses, les difficultés dans ton travail que tu m'expliquais par e-mail, les cartes que je t'envoyais à des adresses improbables et fluctuantes (Ah ! vous autres Coréens vous avez tous ce démon de la bougeotte !) que je m'efforçais de calligraphier en Hangeul, les délicieux "chats" volés sur notre temps de travail, toi à BEXCO - je me rappelle un certain jour passé minuit à Busan tu étais encore au bureau pour finir la rédaction d'un projet ; tu y serais dès 8 h le lendemain matin ! - moi à l'APP de Dijon... le week-end l'an dernier chez tes parents à Samga avec la visite de Hapcheon-Daem.
...
Ce dimanche après-midi-là, le temps s'est arrêté un bon moment, tu m'as conduit le long des digues qui bordent la rivière, ce sont les lieux de ton enfance heureuse, tu me l'as racontée... C'est mystérieusement une part de ta vie qui devenait mienne !... certainement une autre expérience de l'amour !
-
Cette année-ci nous n'avons pas pu nous voir à Busan, tu venais de quitter la Corée pour l'Australie, après bien des hésitations ; Jack en est témoin, auprès de qui tu avais cherché conseil. Ton but c'est d'améliorer ton anglais pour "booster" ta carrière.
Personne des tiens n'est encore venu te voir à Brisbane. Alors j'ai imaginé ça : un peu comme ces trois Mages assez fous pour courir après une étoile, ces "fous du Roi d'Israël" qui ont franchi les déserts, je franchirai les airs et les continents, j'irai te porter un cadeau. "Fantastic news !" a été ta réaction. Merci. Encore quelques jours et nous nous retrouverons !
Certainement tu vas me raconter beaucoup de choses. Moi aussi. Peut-être vas-tu renouveler ta promesse de venir me voir un jour... jusqu'à la forêt - que ton fantôme ne cesse de hanter - ... comme l'ont déjà fait Yuna, Yukyoung et leur maman ?
De ce blog que tu consultes, tu captes quelques bribes : des bouts d'anglais, des transcriptions de Hangeul, des photos. Je te traduirai (j'essaierai !) ce que j'ai écrit ici.
Je ne sais pas où cette histoire nous mène. Nos âges nous interdisent un destin commun.
Peu importe ! Ces moments de bonheur illuminent la vie.
Tout ça est "présent".

19 décembre 2007

Corée 2008...




Aujourd'hui les Coréens se choisissent un nouveau Président.

On dirait que cette élection leur brûle un peu les doigts au moment de mettre leur bulletin dans l'urne :

- faible participation annoncée,

- les Coréens à l'étranger ne votent pas - même ceux de l'Ambassade, l'un d'eux le disait lundi soir - et restent très discrets,

- le Président ne peut se présenter pour un deuxième mandat consécutif... le spectre de la dictature plane encore,

- le candidat majoritaire dans les sondages jusqu'à hier est sous le coup d'une enquête indépendante voulue par l'Assemblée Nationale ; décision que son parti conteste.

J'appréciais le Président ROH :

Il a fait tout son possible pour rapprocher son pays de la Corée du Nord. Les relations humanitaires et commerciales se développent.

Sous son égide, la signature d'un armistice est en vue.

Il l'a fait en s'affranchissant peu à peu de la tutelle américaine, politiquement, économiquement, et sans froisser l'autre géant, chinois.

Il a placé un compatriote en responsabilité majeure à l'ONU, confirmant la place de son pays au nombre des nations qui comptent.

Pour ce que j'ai connu de lui - il avait choisi de rencontrer Racines Coréennes en 2004 - il me laissera le souvenir d'un homme honnête, de ceux dont la Corée a besoin à sa tête.

... Et, sous son mandat, toute facilité de retour a été donnée aux natifs de Corée adoptés à l'étranger, avec le visa F4. Ca n'est pas la double nationalité, mais ça en a tous les avantages : séjour aussi longtemps que souhaité, droit de travailler, pas de service militaire.

Au nom de mes fils, merci ! Benoît devrait bientôt en profiter.

Il y a six mois j'ai dit à Sun-Ju et à d'autres amis coréens à Busan et à Dijon que la réunification de la Corée allait survenir de façon soudaine... comme en Allemagne !... Et proche. Je pronostiquais un an, soit mi-2008. On restait sceptique. Sous réserve que le prochain Président continue sur cette lancée,

je confirme mon pari !

09 décembre 2007

Marée noire en Mer Jaune.

Il y a quelques jours un pétrolier taïwanais a été éperonné par une barge remorquée au large de la côte occidentale de la Corée du Sud.
Ils n'ont pas pu endiguer efficacement à temps le pétrole déversé en grande quantité dans la mer.
La marée noire vient d'atteindre la côte au droit de la ville de Daejon, exactement la presqu'île de Tae-an. Le parc national maritime, les cultures d'huîtres, 50 km de plages et de rochers sont déjà souillés.
On en parle peu en France.
J'aimerais participer au nettoyage, si c'est utile. Je questionne aujourd'hui mon ami KIM Tae-Hoon de Busan à ce sujet.

03 décembre 2007

Verba

Voici en vrac des paroles chargées pour moi d'un inépuisable potentiel. Certaines appartiennent à l'histoire de l'humanité. D'autres m'ont été spécifiquement adressées. Toutes me parlent :

- "Bernard, tu sais que tu avais un jumeau ; enfants de la guerre, vous étiez tous les deux très faibles, il n'a survécu que quelques minutes à sa naissance. La sage-femme de Tassin la Demi-Lune, Mme V., m'avait dit : "Ne vous faites pas de souci, Madame H., d'ici vingt-quatre heures le deuxième de vos jumeaux aura rejoint le premier." ! " (ma mère, quand j'ai eu "l'âge de raison").

- "Bereshit bara Elohim..." (La Genèse I,1).

- "Est-ce que tu crois à la ré-incarnation ?" (Jean-Jacques G. camarade de classe de quatrième au Lycée Duveyriez à Blida, en cour de récréation, avril 1957).

- "L'eau que je te donnerai : une source jaillissante pour la vie éternelle." (Jésus de Nazareth, environ 30 de notre ère).
- "Ne vise pas des choses impossibles ; ce serait l'occasion de ton malheur." (Bouddha, ou un de ses disciples, quelques siècles avant notre ère).
- "Tu me demandes le chemin du bonheur ? Le bonheur, c'est le chemin."... et encore : "Je suis la voie, la vérité, la vie." (les mêmes).

- "Bernard, dis-moi : qu'est-ce qu'il y a après la mort ?" (maman, Champagne au Mont d'Or, dans les années 90).

- "O vos omnes qui transitis per viam ..." (liturgie grégorienne de la Toussaint).

- "Bernard, tu habites très loin !" (M. Ricard P.S.S., Séminaire Saint-Irénée, 1969).

- "Ich liebe dich !" (Yuna, Gwangalli, 17 août 2001).
- "I miss you." (Hyun-Ju, Busan, si souvent !).

- "J'aurais aimé être plus vieille. ... ! ... ? ... Oui, comme ça, je me serais mariée avec toi." (Emilie D., 23 ans, à la forêt, Villeberny, 3 août 2004).

- "Papa !" (Samuel à un an, Romenay, 1984).

- "Jung-Hoon (= Benoît), tous les mercredis matin, pendant quinze ans, j'ai regardé à la télé les enfants adoptés à l'étranger qui voulaient retrouver leur famille d'origine en Corée. J'espérais te voir ; je ne t'y ai jamais vu... Mais tu es là maintenant avec nous !" (Soeur aînée de la mère de Benoît, Daegu, 23 août 2003 - traduction simultanée par Yuna).

- "In Korea I've got a father. In France I have a papa." (Yuna, Londres, automne 2005).
- "Il est mon fils bien-aimé. En lui j'ai mis toute ma confiance. " (Dieu le Père, de toute éternité).

- "Ne changez rien, continuez comme ça, c'est parfait !" (Audrey G. stagiaire à l'APP, Dijon, 2005).

- "Pater agie, teresson autous en to onomati sou ô dedôkas moï" (Jésus de Nazareth).

- "Bernard, je vais peindre sur tes ongles les mêmes dessins que j'ai sur les miens. Comme ça je suis sûre que tu penseras souvent à moi !" (Yuna Omma, Hadong, 31 août 2006).

- "Mektoub" (Le Coran... et aussi : ma belle-mère, en français, années 80 à Romenay).

Paroles brutes ou ciselées, reproduites ici dans un désordre apparent. Qui s'agencent entre elles, et encore avec d'autres, qui se questionnent, se contredisent et se répondent, selon les aléas du temps présent.
Au contraire d'un kaléidoscope de futilités éparpillées, mais jouant tantôt de leur premier degré, et tantôt de leur vertu symbolique, elles participent à dévoiler progressivement à mes yeux la mystérieuse vocation du monde à l'unité.

Pour clore ce message : cette image des prémices de Chuseok (célébration coréenne des générations précédentes et des moissons), illustration de la vérité ci-dessous.
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(Hadong, 17 septembre 2007)

"Si le grain ne meurt..."

21 novembre 2007

Song-Ja


Qui m'avait adressé cette photo ?
Juin 1974, soit dix mois après la journée à Sorokdo (cf "Au commencement..." du 6 nov. 2007) je recevais cette photo accompagnée d'un courrier : c'était le jour de son baptême, elle avait choisi "Lucie" comme prénom chrétien ; son père, m'écrivait-on, était très malade, à l'article de la mort...
Mais pourquoi cette photo et ce courrier ?
Un des collègues de Jack avait dû remarquer pendant le pique-nique comment Song-Ja était particulièrement attentionnée à l'égard de son sauveteur du matin... et que je n'y étais pas insensible, dans la limite des 14 ans que je lui donnais.
Song-Ja, étais-tu à l'initiative de ce courrier ?
En tout cas, à Sorokdo, tu avais réussi à déchirer ma camisole de célibataire !
Si bien que, au printemps 1974, je venais de m'engager... avec quelqu'une de Sainte Foy-lès-Lyon. Nous allions nous marier en fin d'année. Il n'était pas question de papillonner. J'ai donc rangé la photo avec d'autres reliques dans une boîte à chaussures. Et je l'ai oubliée - la photo, pas Song-Ja : une journée au Paradis, ça vous marque pour la vie !
Un quart de siècle plus tard, nous quatre (c'est-à-dire mes trois fils nés Coréens et moi - madame ayant déserté entre-temps) posons nos valises à Velars, où je m'installe en prévision aussi d'une prochaine retraite.
Surprise ! Un carton de déménagement stocké et scotché depuis dix ans à Romenay délivre la boîte à chaussures et la photo oubliée.
Signe du Ciel ?
C'est l'année où la Corée est "Invitée d'honneur" à la Foire de Dijon. Occasion pour nous quatre d'aller y réveiller quelque chose. Mes trois fils en reviendront avec leur nom coréen calligraphié et un intérêt naissant pour leur pays d'origine. Germe l'idée d'aller voir là-bas...
Notre premier voyage a lieu dans l'été 2001 (les deux aînés et moi). J'avais pu auparavant retrouver la trace de Jack. Il est toujours à Séoul, où nous le rencontrons. Il fait la connaissance de mes fils et de leur histoire. Il m'explique où trouver l'auteur du courrier : à Gwacheon.
Métro, ligne 4. La chance me conduit jusqu'à lui. Il se souvient très bien de Song-Ja qui était au service de sa communauté à cette époque, et de l'épisode de Sorokdo :
Elle avait en fait, non pas 14, mais 19 ans (20 ans selon le compte coréen), me dit-il ; jeune fille intelligente et serviable, attentive et discrète, efficace... La perle dont nous rêvons tous !
Au début des années 80 elle est partie en Amérique "Mi-Guk", comme de nombreux jeunes Coréens à la peine dans leur pays. Elle s'est très probablement mariée là-bas.
Pardonne-moi, Song-Ja, de raconter ta vie !
Retour en France, des annuaires américains me donnent l'adresse d'une PYON Sung-Ja dans le Maryland. J'écris, en joignant une copie de la photo. Sans réponse.
C'est peut-être mieux ainsi.

Août 2004, les parents de Yuna me conduisent en pèlerinage à Sorokdo. Maintenant la plage sur l'île est populaire et très fréquentée ; un pont va bientôt remplacer les bateaux-navettes. L'endroit exact du pique-nique, le voici, les pins n'ont pas bougé, à peine plus gros. Aujourd'hui le ciel hésite entre vent, éclaircies et nuages, pas suffisant pour annoncer un typhon.
Assis à l'ombre du même pin, je cherche des yeux là-bas à gauche : des vagues verdâtres poussent une mousse douteuse sur le gravier. Des gamins crient en se lançant des touffes d'algues sales...
Song-Ja, pour te revoir, j'ai le choix :
Cette bouteille à la mer, ou croire au Paradis !

18 novembre 2007

Yuna Omma

Yeoboseyo ! Yuna Omoni ! Annyong hashimnikka ?...


- Ah ! Bernard ! Ca va bien. Humm, ça sent bon chez toi !

... Aujourd'hui, je cuisine un boeuf-carottes. C'est la recette de ma belle-mère. Elle aimait bien préparer ça quand elle venait chez nous à Romenay.

Viens, je t'invite. Il y a même du kimchi à la maison que tu pourras rajouter, ou du gochujang ! Laisse tomber ton bibimpap.

- Je voudrais bien ! Mais je ne peux pas. J'ai déjà des clients. Ce dimanche soir ils sont venus très tôt !

... D'accord. Mais promis : au printemps tu viens... et c'est moi qui ferai la cuisine. Ca sera enfin des vacances pour toi. On ira à la forêt ramasser des pousses de fougères... Je te préparerai du saumon sur le barbecue... On ira se balader à vélo le long du canal.

- OK. Et tu m'emmèneras à Londres. On ira ensemble voir Yuna et Yukyoung - j'ai du souci pour elles - et on verra aussi Samuel.

On se voit bientôt !

... Oui. Je t'embrasse. Anyonghi kaeseyo !

- Garde la santé. Anyonghi kaeseyo !

10 novembre 2007

Adjuma

Hier soir, entre Yokohama et Shanghaï le porte-conteneurs de Thalassa faisait escale à Busan : monstres des mers aux étraves profilées comme des requins, ballet millimétré des géants mécaniques rouges et blancs, c'était aussi l'occasion de nous conduire dans les ateliers Hyun-Dai à Ulsan.

Non pas les voitures, mais la construction navale. En particulier de longues minutes à filmer une ouvrière soudeuse.
Nous l'avons vue s'adonner à la gymnastique collective du matin, s'équiper du quasi-scaphandre des soudeurs, puis à l'oeuvre dans des gerbes d'étincelles, déjeûner au restaurant d'entreprise un oeil sur la télé Hyun-Dai, puis visiter fini le bateau auquel elle avait participé, et enfin chez elle en famille évoquer discrètement son métier, reconversion en interne acceptée pour le bon niveau de salaire, malgré les réticences familiales.
-o-


Cette photo, je l'ai prise à Busan dans le quartier de Sassang.

Ca vous étonne que je montre ça ?

Oui, la Corée qui m'intéresse - outre les temples et palais, villages et danses folkloriques, kimchi, bulgoki et autres marchés de poissons crus... que j'adore ! - c'est aussi la Corée industrieuse, davantage encore quand elle me parle des métiers de ma famille.
Dans les petites rues de Sassang, ça résonne la chaudronnerie, ça sent l'huile de coupe chaude, ça rutile d'acier fraîchement tourné, ça ébarbe des ébauches brutes de fonderie, ça usine jusque tard le soir pour achever la commande à livrer demain matin.

Je pensais à mon père. Sa formation initiale et sa deuxième carrière c'était la mécanique. Ingénieur Arts et Métiers - ses ouvriers admiraient sa capacité à remplacer n'importe lequel d'entre eux sur un tour ou une fraiseuse - il aurait aimé m'accompagner.
En plus, comme dans le reportage de Thalassa, le tourneur c'était une femme !
Je suis passé devant l'atelier, j'ai hésité, je suis revenu sur mes pas. Je lui ai demandé si je pouvais faire la photo. OK. Elle a fait signe à son patron de mari. Ils m'ont offert un café.

06 novembre 2007

Au commencement...

Hier soir encore, à l'occasion du cours de coréen - ou de sa troisième mi-temps dans le bar à bière du bas de la Rue Berbisey - on m'a demandé depuis quand je connaissais la Corée.

Dorénavant, pour répondre à la question, référence sera faite à ce blog où la légende se fige en vérité historique :

Entre lycéens d'Ampère à Lyon, dans les dernières années cinquante, nous jouions au plus érudit. La géographie revenait souvent ; les atlas nous fournissaient une mine de trésors pour briller le lendemain devant les copains.
Vous avez deviné. Bravo !

Donc, la curiosité m'avait guidé jusqu'à un petit appendice colorié en brun tout au bout de la carte d'Extrême-Orient - juste avant le Japon, trop banal - où ne figuraient que deux noms : le pays et sa capitale en petites italiques accrochées à un point noir.
Quand j'ai demandé : quelle est la capitale de la Corée ? aucun de mes copains de Troisième n'a répondu. Mais, étrangement, depuis ce jour Séoul m'a intrigué.

Aujourd'hui, cinquante ans plus tard, je me demande comment avaient pu glisser sur notre juvénile mémoire politique les événements qui avaient focalisé sur ce petit pays l'antinomie des deux idéologies dominant la planète après la fin de la deuxième guerre mondiale ?

C'est vrai que la France se remettait à peine du cauchemar indochinois et que la nouvelle arrogance soviétique à Berlin était plus inquiétante parce que plus proche. L'Algérie dont nous revenions juste - papa était militaire à l'époque - monopolisait nos capacités de conscience géopolitique.

Années 70 :

Le hasard des rencontres à la Paroisse de Sainte-Foy-lès-Lyon me (nous) rapproche de Jack T. prêtre Salésien américain affecté à Séoul depuis plusieurs années. Sa mission l'oblige à de nombreux contacts en Europe. Jack nous tient informés de son action dans les faubourgs de Séoul, notamment la construction du "Don Bosco Youth Center" dans le quartier de Yeongdeungpo, structure d'accueil et de formation professionnelle pour jeunes en difficulté.

Août 1973, c'est Jack qui nous engage à découvrir la Corée...
Les souvenirs de ce voyage foisonnent : la folle envie de communiquer avec tous ces gens... Anyong-haseyo, Kimchi-juseyo, Gamsa-hamnida, Tabang, Agassi, Noktcha-juseyo, Olma-heyo... la majesté de NamDaeMun, le shopping pressé sur Myeong-Dong déjà, la course effrénée des bus, la pauvreté partout, leur farouche volonté de s'en sortir, de rattraper le Japon, de conquérir l'Occident... les cohortes de touristes japonais à Pulguksa, le typhon à Mokpo, la plage immense et vierge à Haeundae, la DMZ plus armée que partout au monde, le mess des officiers américains dont les enfants bilingues à six ans accompagnaient les mères sur les marchés pour la traduction... Et le sourire des coréennes.

15 août 1973 :

Jack et d'autres collègues nous conduisent à une journée de vacances standard sur la plage de Sorokdo. Aujourd'hui encore les Coréens sont discrets sur cette petite île, à cause de l'hôpital pour lépreux.
Ce jour, la plage était à nous seuls :
Matin calme de lendemain de typhon, mer parfaite, méditation attentive sous les pins... mais soudain là-bas un peu à l'écart du groupe des Européens une des deux jeunes agassis perd pied. On me dit qu'elle ne sait nager que depuis la veille ! Le réflexe de surveillant de baignade cingle : mieux qu'à l'entraînement, je bondis, cours, plonge, nage jusqu'à elle, passe en-dessous, la saisis sous le menton. Elle ne se débat pas, elle a confiance, elle se laisse faire. Nageant sur le dos je la ramène sur la plage.
Nous ne disposons d'aucun mot commun, ni coréen, ni français, ni anglais pour nous dire quoi que ce soit. Elle s'assied, elle retrouve ses esprits, elle ne retournera pas au bain, je reprends ma méditation.
Une demi-heure plus tard, le pique-nique est prêt : tapis sans le moindre grain de sable, vaisselle magnifique ; ce qui est à consommer froid est froid, ce qui doit être chaud est chaud. Song-Ja - on vient de me redire son prénom - me fait signe de prendre place à côté d'elle. Elle me sert comme l'ont appris les Coréennes (merci Confucius !) : ce que j'aime, elle l'a repéré, elle le prépare, elle me le présente au bout de ses baguettes... Le Paradis !
Je lui donnais 14 ans. Impensable d'imaginer quoi que ce fût de plus que le souvenir.

Fin août 1973 :
Kimpo (seul aéroport de Séoul jusqu'en 2001). Fin des vacances. Déjà dans la file d'attente pour l'enregistrement des bagages. Deux des jeunes filles du Centre de Jack déboulent avec leurs cadeaux : pour moi ce couple de poupées en bois tourné peint.
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"Belladetta", merci, et bravo !

01 novembre 2007

L'équipement du bonhomme de Jirisan


La chemise (8500 won = 6,40 €) et le short (10000 won = 7,50 €) dénichés dans la galerie marchande souterraine de Nampo-Dong à Busan... à ras du chantier de la Tour Lotte (cent étages prévus : K63, va te rhabiller ! mais déjà loin en-dessous de Dubaï et Singapour).

Le T-shirt, cadeau de Yuna (eh ! oui ! ladies first ! Yuna tu es la première nommée dans ce blog - mais Samuel est bien là aussi, il a ici le rôle d'administrateur pour pallier ma définitive novicité dans l'utilisation de cet outil merveilleux - Benoît arrive, le voilà nommé !).
T-shirt officiel des millions de supporters des Reds à l'été 2002. Qui n'a pas vu la marée rouge sur Taepyongno - quand les Reds ont cru un temps accéder au podium - a tout à découvrir de la Corée. Yuna me l'avait envoyé par la poste... A l'automne, elle débarquait à Londres... elle y est toujours.
On en trouve encore sur le marché de NamDaeMun à 2500 won.

Les chaussures de randonnée choisies à Dijon spécialement pour les frotter au granit de Jirisan, mais démarrées dans les bois de Villeberny.
Il y aura certainement ici des billets relatifs à la forêt.

Les chaussettes "La Double" viennent de la boutique d'équipements de montagne du Mollard à Albiez-le-Vieux.
C'est là-haut que Yuna avait appris à dire "Bonne Année"... après "Bonzour".

La montre, "Titanium" d'une grande marque suisse. L'envie m'en est venue lors d'une virée à Genève à l'initiative de Yuna et de sa soeur Yukyoung. J'ai pensé que pour affronter les décalages horaires et la variabilité de la longueur du jour selon les saisons, les latitudes, voire les altitudes, un outil de qualité pour mesurer le temps était indispensable.

Les lunettes, filtrage UV et verres progressifs (âge oblige !) ; j'en aurais trouvé à meilleur marché chez n'importe quel opticien de Busan ! Mais non remboursées là-bas !

Et, caché dans la poche, l'Opinel N°12. Il vient d'Albiez, évidemment.
En juillet 2001, il passait les contrôles de sécurité à Roissy et à Francfort sans problème. Au retour fin août, soit deux semaines avant le fatidique 11 Septembre, le service de sécurité d'Incheon le faisait voyager en compagnie de l'équipage... qui me l'a restitué à Roissy. Depuis, il ne voyage plus qu'en soute. Le problème c'est avec l'Eurostar ; il ne passerait pas.
Mais la Corée n'a pas encore installé de portiques de sécurité à l'entrée de ses Parcs Nationaux. J'avais donc de quoi éplucher ma pomme ! Mûres ou vertes, comme leurs énormes poires vendues à l'unité dans leur cocon individuel, servies épluchées et détaillées, les Coréens adorent !

Pourquoi donc toutes ces digressions ?

Lecteur agacé, pardonne-moi ! C'est pour commencer à dire ce qui pourrait être le fil rouge de ces narrations : une sorte de vérité que la Corée m'enseigne un peu plus tous les jours, mais qu'on trouvait déjà sous la plume scolastique dans cette formule arrangée à notre goût de séminaristes :

"Tota in toto... et quodam modo reciprociter !"


Patient lecteur, pour ton repos mérité, je t'offre ce Bouddha, un de mes préférés.


Dasolsa, 20 septembre 2007.

30 octobre 2007

Jirisan, 21 septembre 2007

Je ne vous vois pas. Il y a trop de brouillard dans la vallée. Et jusqu'au sommet, j'ai imaginé que le ciel allait faire une exception pour moi, un clin d'oeil...



Mais bonjour à vous. Qui me connaissez, ou qui arrivez ici par le hasard ou la pertinence de votre googlemania.

N'est-ce pas étrange de commencer par une arrivée au sommet ? Oh, bien modeste sommet, mais fréquenté depuis la nuit des temps. Point culminant de la Corée du Sud continentale. Connu de tous dans ce pays : ceux qui l'ont gravi, ceux qui en redoutent les colères, ceux qui racontent la vue magnifique de là-haut, ceux qui fantasment quant au supposé niveau sportif de la grimpette.

C'est l'arrivée, mais c'est pour dire le titre. Eternelle quête d'en-haut, aller-retour sans fin, brouillard venu de la mer, qui se résoudra en pluie pour y retourner ; au passage les vivants se seront abreuvés, le riz aura poussé...

Ici vous marcherez dans mes traces coréennes.
Ca démarre à Jirisan parce que c'était mon but cette fois-ci, ça ne sera pas un guide touristique - quoique...! - ça sera souvent en France en compagnie de mes amis coréens et sympathisants, ça ira aussi au gré des rencontres et des humeurs. Bonjour !