15 septembre 2010

Mystère ! 왜요?

Dimanche, un message de Skype arrive sur mon Gmail, en hangeul entièrement (sauf le pseudo - Net oblige -). Le dictionnaire électronique m'aide à traduire. C'est bien une demande d'ajout de contact.
Méfiant, selon les conseils de Samuel, après avoir été récemment victime de phishing sous couvert de Cyworld, Daum, Nate, Naver ou autre site "social" coréen, je suspecte un message malveillant et le supprime.
Pris de doute cependant, je fouille dans mes carnets d'adresses, ma mémoire, et les mille petits bouts de brouillons épars sur mon bureau. Les quelques neurones qui me restent m'invitent à questionner le 86 terminant le pseudo. Ce pourrait être une année de naissance. Allons voir sur Facebook où certains amis n'hésitent pas à afficher leur millésime !
Et voilà une piste : Lucy, que j'avais rencontrée à Brisbane dans l'entourage de Sun-Hee en janvier 2008, longtemps connue uniquement sous ce seul prénom occidental très prisé des Coréennes (elle est la quatrième Lucy ou Lucie ou Lucia, ou (Lu)Cia dans mes relations), jamais revue depuis, mais avec qui nous échangeons un ou deux petits mots affectueux par an, m'avait fait savoir son nom-prénom coréen seulement l'an dernier, après nous être affichés "amis" sur Facebook ; et je n'ai pas encore ce nom bien en tête. Elle est effectivement née en 1986, et ce pseudo en est proche.
Donc, je demande à Lucy via FB si c'est elle qui m'a sollicité sur Skype, en expliquant tout ça, et aussi que les noms-prénoms coréens sont suffisamment peu nombreux pour laisser place à foule d'homonymes.
(J'ai, par exemple, deux amies du nom de 정 명희, une qui travaille au Parc National de Jirisan et ne correspond avec moi qu'en coréen (voir le post du 16 octobre 2008), l'autre mariée à un coréen adopté français qui vivent à Lons-le-Saunier, nous communiquons dans les deux langues.)
Et ce matin, j'ai sa réponse : " Yes, it's me. Plz, add! "
Donc je l'ai ajoutée à mes contacts Skype.
Mais - et voilà pourquoi "Mystère ! " - qu'est-ce qu'elles ont à chercher ou à entretenir mon contact : Sun-Hee, Lucy, Young-In, Young-Joo, Hye-Jin, Hyo-Jin, Bo-Kyoung, Myeong-Hee, Yu-Kyoung... et, devrais-je ajouter aussi, des collègues du cours de coréen... ? et Marie-Chloé partie à Séoul...
Ca vient de moi, ou ça vient d'elles ? Le fantôme de Song-Ja s'amuserait-il toujours à se réincarner pour venir encore me taquiner ?
Lundi soir, j'ai dit que c'était ma dernière participation au cours. Et j'ai donné les raisons : d'une part, ça fatigue mon grand âge pour si peu de progrès, et d'autre part, je me sens au milieu de ces personnes d'une vingtaine d'années, très majoritairement des filles comme à la balade au château de Rambouillet, aussi décalé que lorsque j'ai erré l'an dernier dans le quartier universitaire de 신촌.
J'y avais rendez-vous pour dîner avec Gee-Eun, à la sortie de son cours donné à 홍익대학교 (Gee-Eun, je redis ici, c'est la première doctorante qui m'avait sollicité à Dijon pour relire et corriger sa thèse en français ; le job avait demandé plusieurs années, mais la récompense est arrivée, magistrale ! ).
Après un bout de l'après-midi à ne croiser que des étudiants, à ne voir que de la pub et des magasins de fringues ou de Hi-tech pour eux, à n'entendre que leurs tubes... j'ai compris que je n'étais pas à ma place dans ce monde, je me suis réfugié dans un Starbucks.
Gee-Eun est arrivée, je lui avais raconté ça. Nous avions passé une bonne soirée.
Et maintenant nous nous relions via FB.
Sur la liste de mes "amis" où elle se nomme "Cheun Chung", si vous ne craignez pas de découvrir une facette insoupçonnée de sa personnalité, allez donc voir à quelle "photo de profil" l'a conduite la philosophie !

15 août 2010

TARA et MARIE

15 août aujourd'hui. Marie-Chloé, à qui je viens de souhaiter sa fête, m'invite à reprendre la plume.

Je souhaite aussi "Bonne Fête" à toutes les Marie de mes connaissances : Marie-Ange ma soeur, mes autres frères et soeurs - nous avons tous "Marie" dans notre état-civil - , Maria V qui se reconnaîtra.
Je n'ai pas souvenir qu'aucune de mes amies coréennes aurait choisi ce prénom...

Mais alors, quel lien avec Corée-mon-amie ?

Un peu plus haut, relatant mon séjour à Naesosa voici deux ans, j'avais dit comment l'approche de l'Eveillé, grâce aux explications de Young-In, avait évoqué pour moi la figure de Marie.
A entendre ce qui se dit en cette fête de l'Assomption, je pense que tout ça cristallise tout autant dans l'histoire de Tara "Celle qui sauve".

Alors j'ai demandé à Marie-Chloé et à Caroline de réaliser et de m'adresser une belle image de Tara - peut-être a-t-elle sa statue à Jogyesa ! - pour illustrer ce message.

...


PS, le 4 novembre 2010 :

La semaine dernière je suis allé à Jogyesa. J'y ai rencontré une personne attachée au service des visiteurs - étrangers notamment - du temple. Nous avons longuement échangé, au sujet du bouddhisme, de l'adoption, de Yuna. Elle m'a expliqué que Tara c'est une figure propre au bouddhisme tibétain, inconnue de la pratique coréenne. Donc, il n'y aura pas de photo de Tara.


PS N°2, le 7 janvier 2011 :

Si, en voilà une, prise au Musée Guimet à Paris lors d'une visite "culturelle" dans le cadre de LACorée. Cette figure est tibétaine, de style bien différent.


Une question importante me titille : l'absence d'Eveillée féminine au Panthéon bouddhique coréen est-elle en corrélation avec le machisme ordinaire ?


PS N°3, le 14 janvier 2011 :

Marie-Chloé vient de trouver une représentation de Tara à Hwagyesa, dans les collines qui dominent Séoul au Nord. Elle m'en fait parvenir une photo que je joins ici.

Posture un peu différente de la Tara tibétaine, la féminité moins soulignée, la cruche dans une main, le chapelet bouddhiste dans l'autre, assise également sur une fleur de lotus, dispensée de dorure à la feuille, voilà donc une Tara au pays du matin frais.

Marie-Chloé, je te remercie. La boucle est bouclée. Mais je suis curieux de savoir dans quelles envolées méditatives cette quête et son aboutissement t'auront plongée !

06 juin 2010

Retournons au bois 몇 번이고 숲에 가요

Mai, joli mai, tu nous fais le coeur gai.
Quand tu fleuriras nous irons dans les bois.
(A chanter en canon. Auteur ?)

Echanges culturels :

La vertu porte-bonheur du muguet (은방울꽃), mes amies de Busan et de Séoul la connaissent désormais. Le parfum leur en est parvenu via Facebook ! Elles me l'ont dit.

Le plaisir de la récolte, la patiente préparation des 고사리 (fougères) - merci Sun-Ju ! - pour accompagner le 비빔밥, tout ça a maintenant gagné jusqu'à l'Alsace.


Là, une autre forme de romantisme !

Mais... gardons-en un peu à raconter, au moment de nous dire au revoir dans quelques jours à Rambouillet ... quand plusieurs d'entre nous Coréens ou Français préparent leurs bagages pour quelques semaines de retour au pays, ou de vacances, ou pour un séjour d'études plus long, voire pour s'y installer et tenter d'y faire leur vie à l'instar de Jean-Michel ou de mon fils aîné !









On a pu reconnaître 선주, Olivier et Anne, Marie-Chloé, Jérémie, Tiphaine, 유리, 정수, Caroline, et la famille "Cyberbisey" (je ne parviens pas à retenir leurs noms).

26 mai 2010

AMITIE NORD-SUD ???

Ci-dessous l'éditorial de KBS WORLD le 26 mai 2010 :
(version française ; quelques corrections orthographiques)

La Corée du Nord redevient l’« ennemi principal » du Sud.

La Corée du Sud a officiellement décidé, pour évoquer la Corée du Nord, de reprendre la désignation officielle d’« ennemi principal ». Une décision qui en dit long sur l’état d’esprit dans lequel se trouve aujourd’hui le gouvernement de Séoul. Cette appellation avait été abandonnée en 2004. On assiste donc, ni plus ni moins, à un retour du temps de la guerre froide, quand la Corée du Sud était sous la coupe d’une dictature militaire de droite, d’obédience américaine, et que la Corée du Nord, restée fidèle à l’idéal stalinien, creusait des tunnels sous la frontière terrestre, pour envahir le Sud. A l’époque, la fracture entre les deux Corée résumait assez bien l’antagonisme effrayant entre Est et Ouest, entre Washington et Moscou.

Aujourd’hui, on pourrait penser que cette fracture n’existe plus que dans les livres d’histoire. Mais hélas, ça n’est pas le cas. Elle reste vivante, et bien vivante, dans la péninsule coréenne. Cette requalification de la Corée du Nord, de la part de Séoul, en « ennemi principal » pourrait sembler puérile. Le Nord a toujours été, et reste, l’ennemi « naturel » du Sud. D’ailleurs, les deux pays sont toujours officiellement en guerre. La guerre de Corée s’est en effet soldée par un simple accord de cessez-le-feu, en 1953. Les 10 ans de réchauffement intercoréen qui viennent de s’écouler, et les multiples projets économiques communs qui les ont accompagnés, sans compter deux sommets intercoréens, en 2000 et en 2007, avaient fini par le faire oublier.

Ces temps ont été abruptement révolus avec le retour au pouvoir, à Séoul, en février 2008, des conservateurs avec, à leur tête, le président Lee Myung-bak. Eux sont, pour ainsi dire, de la vieille école : héritiers politiques de la dictature militaire, ils sont férocement anti-communistes. Pour eux, le régime de Pyongyang symbolise le mal et, ils ne s’en cachent pas, seul son effondrement pur et simple pourrait les satisfaire. De l’autre côté du 38ème parallèle, le régime et les militaires sont tout aussi bornés. Ils estiment que Séoul est gouverné par des « traîtres », à la solde des Etats-Unis, un gouvernement de « fantoches » qui a pour seul but de les chasser.

C’est dans ce contexte, déjà très tendu, qu’est survenu le drame du Cheonan. Le 26 mars dernier, cette corvette sud-coréenne qui patrouillait en mer Jaune, a sombré en quelques minutes, causant la mort de 46 hommes d’équipage. Une catastrophe nationale, et un choc, pour tous les sud-Coréens. Bien sûr, dans cette zone maritime qui a toujours été revendiquée par la Corée du Nord, on suspectait Pyongyang d’être responsable du drame. Pourtant Séoul, pour éviter d’aggraver les tensions, a soigneusement évité d’accuser le Nord sans preuves. Une équipe d’enquêteurs a été mise sur pied et pour preuve de son impartialité, la Corée du Sud a pris soin d’y incorporer des experts de plusieurs nationalités : Américains, Canadiens, Britanniques, Suédois et Australiens ont décidé que c’était bien une torpille nord-coréenne qui a coulé le navire. Un résultat formellement démenti par Pyongyang, qui a décidé de s’offusquer de cette accusation. La Corée du Nord a, en conséquence, déclaré qu’elle gelait toute relation avec le Sud.

L’appellation d’ennemi principal redonnée à la Corée du Nord ne risque pas d’apaiser les choses mais, de son côté, Pyongyang ne se gêne pas pour dire que le gouvernement sud-coréen est composé de « traîtres ». En bref, il y a peu de chances de voir rapidement les relations intercoréennes revenir à un niveau de sociabilité raisonnable.

12 mai 2010

할아버지

Je croyais avoir refermé ce blog... avoir fait le tour (voyez l'image précédente)... mes amitiés coréennes circonscrites...
Ciseler encore quelques enluminures... puis relier et classer ça au rayon "Corée" de mon musée personnel.

Mais la vie me bouscule. Elle sourd où je n'attendais pas.
Je n'étais pas préparé. Je n'avais pas organisé cette nouvelle histoire.
Ce n'est plus moi qui force les choses.
C'est la volte-face de Corée-mon-amie sur mon chemin.
Je n'ai pas entendu le tonnerre claquer sur Bukhansan,
je n'ai pas vu s'annoncer l'averse, drue, soudaine et vivifiante,
comme en soirée du dernier Chuseok sur Myeong-Dong :
Un enfant à naître cet automne, qui sera mon petit-fils ou ma petite-fille !

Ne cherchez pas du côté de Benoît, ni de Yuna, ni de Samuel, ni de Damien.
J'en dirai davantage dès que la maman voudra bien.

C'est un grand bonheur. Inconnu.

"Faites toutes choses nouvelles ! "

01 février 2010

보고 싶은 성자 씨께 à Song-Ja, la revoir


Au printemps 2000, voici dix ans, j'avais sollicité Jack mon Maître-en-Corée pour tenter de retrouver Song-Ja.
Il m'avait demandé quoi lui dire de ma part s'il la retrouvait.
J'avais répondu ceci :
à Song-Ja
tu diras
que son nom est doux à mes lèvres
et chante à mes oreilles
quand je l'appelle à coeur perdu depuis mes errances
mes jours et mes nuits
que son image plus sainte à mes yeux qu'une icône
jamais ne me quitte
que les plus durs travaux en solitaire au fond des bois
ni la foule des rencontres au travail
ni les enfants ni les amis ni les parents à la maison
ne m'écartent de sa compagnie
au contraire
qu'elle habite tout ce que je fais
quand je reçois à ma table c'est elle qui m'a appris
c'est elle qui prépare mon coeur
qu'elle est belle
que l'harmonie de son visage apaise les cahots
de mon existence
qu'il est heureux l'homme à qui elle se donne
que ses enfants
sont les frères et soeurs de mes enfants
qu'elle est la femme
belle serviable discrète efficace attentionnée
comme chacun la cherche
que je me réjouis si elle est heureuse
que je pleure avec elle si elle ne l'est pas
que pour la retrouver je voudrais croire au paradis
que je veux auparavant
la revoir dans cette vallée de larmes
que je l'aime
tu ne lui diras rien qui la ferait souffrir

13 janvier 2010

WON Adjeossi n'est plus...

(Chuseok, 25 septembre 2007, à Mokdo/Hadong)

Hier, Yuna m'a informé du décès de son oncle.
C'est le Monsieur à gauche. Chaque année la famille WON célèbre Chuseok chez lui.

Et en même temps, l'anniversaire de sa mère.
L'année suivante (2008), il était à l'hôpital, Chuseok était triste.
L'an dernier, il était rentré à la maison. Il avait repris son travail, à la tête d'une importante entreprise familiale de maraîchage.
Avec le père de Yuna, nous portions souvent à ses ouvriers sur les chantiers de Mokdo le repas du matin préparé au restaurant de sa maman à Jeondo.
Je l'ai donc revu il y a trois mois. Il se disait heureux de ma visite. Il m'a dit souhaiter me recevoir à nouveau chez lui à l'automne 2010, pour le prochain Chuseok.
Mais j'avais senti dans son invitation quelque chose comme l'espérance de transcender une fatalité proche qu'il pressentait.
Oui, j'irai le voir pour Chuseok, à sa dernière demeure.

Avec Yuna et Yukyoung, je prie pour lui et sa famille :
A côté de lui : son père, puis sa mère, puis son frère le père de Yuna.
Debout derrière : son épouse, sa fille, son fils, sa soeur, moi.
C'est la maman de Yuna qui avait pris la photo.

(lotus du bassin sous les fenêtres de sa maison de Mokdo)

07 janvier 2010

YUNA, toujours

Velars, 29 décembre 2009, au petit matin :


"Petit matin", pour elle ! En fait, c'était midi passé. Je l'avais seulement sortie du lit pour lui dire que je voulais aller porter un petit quelque chose à ma voisine la vieille dame allemande, seule et souffrante.
Elle a voulu confectionner un cadeau à la manière coréenne : froufrous de papier doré, rubans... un peu kitsch certainement, mais de quoi décupler le plaisir de recevoir une part de mon gâteau au yaourt, trois clémentines, sept papillotes et une rose.
Puis elle a juste enfilé un manteau sur son pyjama, et nous voilà partis dans la neige jusqu'à la porte de Madame Perrot.
-
Ces quelques minutes m'ont rappelé en particulier la soirée à l'hôtel de Seogwipo avec Damien à l'été 2002 où elle avait su transformer le pique-nique frugal en réveillon de bonheur fou, à partir d'une banale barquette de kimpap, d'un bol de ramyeon et d'une grappe de raisin rapportés de la supérette locale.
-
Ici, entre le départ de Samuel et l'arrivée de Hyejin, nous avons eu deux jours entiers rien qu'à nous deux : l'occasion de reparler de son baptême encore tout frais, de choisir dans la Bible des passages expressifs à nos coeurs, de nous les traduire, de nous laisser rapprocher un peu plus de Celui qui nous unit désormais.
-
Mais je me pose beaucoup de questions :
Tout ça n'est-il pas trop ? un papa peut-il être aussi proche de sa fille ? n'y a-t-il pas un risque de la maintenir dans une situation de dépendance affective ? de gêner chez elle le développement d'une relation adulte avec un compagnon pour la vie ?
Chez ses parents à Hadong, la chambre où je dors est pleine de ses souvenirs d'enfance et de jeunesse, ainsi que ceux de Yukyoung. Quel est ce plaisir de feuilleter leurs albums ? rattraper les dix-neuf années qui me manquent de sa vie ? est-ce souhaitable, est-ce possible, est-ce légitime ?
Hier et aujourd'hui, nous avons bavardé sur Live Messenger : d'elle, du départ compliqué de Hyejin, de son bijou oublié chez moi... Demain, elle me fera signe probablement aussi depuis son travail. N'est-ce pas recommencer avec elle ce que j'avais vécu avec Julie (voir le message du 24 décembre 2007) ?
Maintenant qu'elle m'a beaucoup dit de ce qui la tenait en froid avec son père coréen, maintenant qu'elle a fait la part des choses, et qu'elle renoue avec lui, ne devrais-je pas m'écarter ? jusqu'à laisser filer le processus d'adoption ?
-
Et mes fils ? n'auraient-ils pas tout lieu d'un certain agacement, voire de jalousie, de cette relation privilégiée, eux qui commencent à me dire que je suis un peu trop distant - respectueux, leur dis-je - de leur vie personnelle !
-
Vous, les papas qui entretenez une relation régulière et affectueuse avec votre ou vos filles, dites-moi ce que vous en pensez !
C'est aussi pour ça que j'ai rédigé ce message.

03 janvier 2010

BONNE ANNEE 새해 복 많이 받으세요...

... à vous tous Coréens de France ou de Corée,
Français de Corée ou de France,
et à vous, autres lecteurs d'autres horizons.

Ces images m'ont dit le bonheur,
le leur, j'espère... le mien.
Puissent-elles aussi vous parler !




(Samuel venu d'Oxford, Yuna de Londres, son amie Hyejin d'Ulsan juste pour quelques jours avec elle chez moi, et Yukyoung à Busan)

01 décembre 2009

Racines Coréennes... et autres horizons

Paris, 29 novembre 2009
.
Keum-Ju, Gabriel et Nori.
Keum-Ju, j'avais fait sa connaissance au Seollal 2004 organisé par l'Association des Coréens de Dijon. Il y a deux ans elle m'avait sollicité pour relire et corriger son mémoire de Master, comme l'avaient fait Gee-Eun, puis Young-Ok, pour leur thèse. Chaque fois, un travail passionnant.
Les racines de Gabriel sont moitié coréennes, moitié japonaises. Né en France, comme Cia, il aura plus tard le choix entre les trois nationalités... voire de choisir les trois, car le gouvernement coréen pourrait bien atténuer l'exclusivité légale en vigueur aujourd'hui.
En tout cas, il est charmant. Il parle dans les trois langues.
Nori est cuisinier, il tourne dans des adresses prestigieuses (le Ritz, le Bristol...) histoire d'enrichir sa culture culinaire avant de créer quelque chose à son compte qui tiendra de l'Asie et de la France.
.
Gabriel m'a repéré comme "halabeoji". Le coréen a sa faveur.

Meera.
Nous nous étions rencontrés au Seollal 2009 organisé par Racines Coréennes. Elle avait expliqué "Mixmonde", son marché de créations artisanales de qualité : productions d'origine coréenne dans un premier temps, puis latino-américaine, puis...

Virginie, également née au pays du matin frais.
Tous les derniers dimanches du mois, Racines Coréennes propose à ses adhérents un déjeûner coréen. Actuellement au Restaurant Guibine Opéra, 44 rue Sainte Anne, dans le 2ème. Le kimchi y est adapté aux palais français, peu pimenté...

Hamkae, c'est la publication trimestrielle de Racines Coréennes :
Des nouvelles, beaucoup de témoignages - très instructifs pour nous parents adoptifs -, des reportages sur les derniers voyages en Corée, les avancées politiques liées à l'adoption, en France ou en Corée, les événements culturels, tout ce qui peut relier les adoptés à leurs racines, le programme des réjouissances à venir...

Meera était retournée vivre deux ans dans son pays natal. Ca lui vaut de pratiquer le coréen mieux qu'aucun de nous.
Elle m'a dit avoir milité en Corée pour le visa F4. Fin des années 90, ils étaient une douzaine d'adoptés à avoir manifesté devant le Parlement pour faire entendre leur droit moral à un peu de facilité au retour...
Mon fils Benoît te doit quelque chose ; je lui expliquerai.

Virginie à nouveau, avec Hicham son mari : autres racines ! Nous avons ainsi évoqué Fez, Meknès, Marrakech, la vallée du Draa... Fatima n'était pas loin !

22 novembre 2009

좋은 시간을 보냈다 ! Bons moments !

Critiques gastronomiques en quête de bonnes caves ; invités par le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne à l'occasion de la vente des Hospices de Beaune.
Ici, Domaine Rapet à Pernand-Vergelesses le 16 novembre 2009 sous la houlette de Sun-Ju.
Monsieur KO Hyung-Wug et Madame KIM Kyung-Sook sont des célébrités en Corée, leurs ouvrages se vendent comme des petits pains ; avec M. SON ils sont la référence pour le vin !
Décidément, après LEE Kwang-Jae et PARK Jae-Hyun, ce sont encore des Coréens qui m'auront enseigné le vin...
mais la charge de piloter ce monde de vignes en caves bourguignonnes m'aura tenu à l'écart des excès !

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Le vin... l'eau...

8 novembre 2009 à Londres.

Radieuse, Yuna !...
... même si le baptême n'a pas miraculeusement effacé tes soucis.

Nous avons longuement parlé. Accompagner l'éclosion d'une foi toute neuve, c'était pour moi merveilleux.

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... et le grand air !

Yukyoung, le jour cette balade, tu portais les boucles d'oreilles en diamant que je t'avais offertes pour tes vingt-quatre ans. Plaisir pour toi, c'est sûr ! mais aussi attention particulière à mon endroit. Revivre à tes côtés quelque chose de l'ivresse des sommets où Julie m'avait entraîné. Merci !

Nogodan, donc, le 25 octobre 2009.

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21 octobre 2009, devant Namhaedo... Yuna Omma, un "bon moment" que tu avais cherché !

-o-

Busan, 18 octobre 2009.

Récitation de la leçon de coréen à Eun-Jin. Jamais vu mon fils aussi attentif à l'école.

Je devrai bientôt y retourner pour rencontrer la belle-famille et organiser le mariage.

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KOH Young-Joon mon ami musicien, Eun-Seon son épouse...

... ses parents, son frère et sa belle-soeur. Tout ce monde installé désormais à Vancouver.

12 octobre 2009, Thanksgiving Day. Date choisie par la communauté canadienne-coréenne pour fêter Chuseok.

Le papa, un homme sage. J'aimerais que Yuna puisse le rencontrer. Il serait pour elle d'excellent conseil.

"Mon café au Canada..." si gentiment préparé par Eun-Seon.
A Vancouver comme à Londres, à Brisbane comme à Paris, Dijon ou Velars, ces Coréennes restent aussi attentionnées qu'à Sorokdo, Séoul, Suwon, Naesosa ou Hadong...

... mais les Canadiens "British", ou "Caucasiens" pratiquant la langue de Shakespeare, ne font-ils pas, eux aussi, un effort magnifique pour servir le francophone autant que l'Asiatique !

-o-o-o-

Séoul, 5 octobre 2009. Reconnaissez LEE Kwang-Jae, son épouse Young-Soon, leurs enfants Min et In.

K-J fait sa place dans le commerce de vins.
Quand tu viens marchander en Bourgogne tu auras toujours un pied-à-terre chez moi. N'hésite pas !

4 octobre 2009 : Chuseok à Séoul.

Jae-Hyun, Young-Ju et Cia, les voilà depuis deux mois et demi en Corée.

Etrangement Cia parle toujours français, elle m'a bien reconnu.

Son papa a trouvé un emploi dans le métier qu'il avait appris à Beaune, dans les caves et les vignes alentour. Sa mission : tenter la vinification du raisin coréen... ça n'est pas encore gagné, mais ils vont y parvenir !

Maman pouponne à nouveau, avec tous les soucis que pose l'arrivée d'un deuxième dans une situation précaire. Ils mériteraient que le pays leur vienne en aide.

Young-In, tu ne lis pas le français, mais je veux te dire ici l'immense plaisir que j'ai eu de te revoir.

Je suis sceptique quant aux chances d'emploi dans la formation universitaire où les parents te pressent. Ca me désole. Mais, comment changer cette sacro-sainte éducation "à la coréenne" scorie confucéenne !

Les deux soeurs : l'une va à l'église, l'autre au temple bouddhiste. J'essaie de comprendre. Je pressens que l'une et l'autre concourent à la même vérité.

Chuseok toujours, à Séoul.

Pour la première fois, la ville était tranquille. Les familles en balade au Cheonggyecheon voulaient croire que l'après-midi devait durer, durer... le démon Palli-Palli ne reviendrait pas demain matin ! ! !

02 novembre 2009

Yuna, Yukyoung

Daewonsa, le 21 octobre 2009 :


J'ai posé mon sac.

지일 스님 est venue préparer le thé. Un sachet de thé vert ouvert tout spécialement pour célébrer ma visite annuelle : cinq petites tasses successives pour apprécier cinq goûts différents. Et cinq histoires à raconter :

Benoît et sa fiancée à Busan,

Koh Young-Joon, son épouse, et sa musique, à Vancouver,

Yuna Omma à son restaurant de Hadong,

Young-In et ses études à Séoul après Naesosa,

Yuna qui demande le baptême à Londres.


Oui, mi-septembre Yuna m'a annoncé son prochain baptême. Ca a été le typhon dans ce que les Coréens appellent 마음. Bourrasques contradictoires. Trouver un endroit et une oreille attentive pour faire le point. Alors, même si la maman de Yuna n'a pu réprimer une légère moue de jalousie quand je l'ai informée d'une matinée chez les soeurs de Daewonsa, j'y suis allé. Là-bas, les émotions se calment et les idées s'ordonnent :

Joie immense, évidemment. Partager avec ma fille le plus intime du coeur de l'homme. J'avais caressé ça en son temps de la part de Fatima ou de Julie. Mais, depuis que Yuna nous avait confié à Samuel et moi le 18 août 2001 en visitant le temple bouddhiste de Jinju dominant le rocher de Non-Gae, qu'elle ne croyait en rien, je ne pouvais l'imaginer... même si, à l'occasion de célébrations de la Nativité à Dijon, elle avait témoigné d'une bonne connaissance des aspects essentiels de la foi chrétienne, au point qu'elle avait participé pleinement à l'Eucharistie. Le baptême récent d'Orphée - dont elle était aussi - a dû lui parler. Mystère des chemins de l'Esprit.

Mais, quelle confession ? et quelle précipitation ! et quelle pacification dans son coeur brisé ?

Je redoute qu'elle ait été la proie d'une soi-disant "église" évangélique, de celles qui savent si bien capturer les âmes blessées pour les entraîner vers des paradis aussi factices que merveilleux. Pourvu qu'elle ne me raconte pas des histoires de "born again", à l'instar des amies de Bokyoung à Brisbane ! Ici à Dijon, j'avais dû affronter cette plaie, dénoncer les agissements d'un auto-proclamé "pasteur" expert à embrigader les cohortes d'étudiantes coréennes débarquant perdues... pour les embarquer dans une pseudo-communauté évangélique ou régnaient en fait les discours simplistes, les "enseignements" à deux balles, les prières infantilisantes, les interprétations torturées de la Bible, la manipulation, l'ambition, le mensonge et l'hypocrisie... J'étais venu, j'avais participé, espérant y trouver un lieu de vérité spirituelle. Déception !

Vraiment, je veux éviter ça à ma fille. Mais je ne sais pas encore la spécificité de cette confession. Sous le sympathique vocable "chrétien" on trouve de tout : des Cathos de toutes couleurs, des Charismatiques, des Réformés, des Luthériens, des Anglicans plus ou moins éloignés de Rome, des Evangéliques, des Baptistes, des Pentecôtistes, des Episcopaliens, des Presbytériens, des Adventistes, des Méthodistes, ou une soupe de tout ça à l'américaine, des sympathisants, voire des gourous autonomes, des "faith businessmen", des illuminés... Et en Corée, la spiritualité occidentale a suscité un florissant super-marché, les chapelles y sont innombrables et concurrentes, elles rivalisent d'altitude de leurs clochers et autres démonstrations de réussite. A faire pleurer de gêne un chrétien européen !

Une chose est claire pour elle : ce qui primait dans son choix, c'était de trouver une communauté où elle comprendrait le langage de la foi qui s'y exprime, donc une communauté coréenne. Ca avait déjà été le choix de sa room-mate Sue, débarquée catholique depuis Séoul à Londres, puis qui avait erré dans les paroisses catholiques ou anglicanes alentour, jusqu'à trouver son pain dans une communauté "chrétienne" certainement, mais d'abord coréenne. Ce phénomène parle aussi de leur faible capacité d'insertion à l'étranger. Ca me fait douter de l'avenir de Yuna à Londres. Je le lui avais dit.

Ce matin, elle vient de m'avertir que son baptême aura lieu dimanche prochain, à Londres. D'ici là elle travaille sa Bible. Je serai auprès d'elle. Great ! m'a-t-elle dit. Pour l'épauler, bien sûr ! c'est ma fille. Pour participer à la fête... ma plus belle chemise blanche, une croix en or comme cadeau... Mais aussi pour comprendre et pouvoir en parler avec elle.

Et Yukyoung à Busan m'a dit prendre le même chemin. Ca me ferait de la peine de voir les deux soeurs se résigner à une vie de pieuses célibataires. Croient-elles y trouver le moyen d'un bonheur personnel ? Jack T. m'avait dit à Séoul que des filles de Corée entrent volontiers en religion pensant y obtenir le bonheur, c'est leur "deal". Et elles sont légion en Corée ces "Golden Miss", catherinettes plus ou moins résignées qui tentent de sublimer leurs déboires sentimentaux, leur solitude, ou la précarité de leur avenir... quand 우리 나라 manque cruellement de jeunes mamans !

Priez pour elles !


(Haeundae, le 18 octobre 2009)

Yukyoung, regarde bien cette photo !

N'es-tu pas déjà parfaitement équipée pour le Paradis ?