26 mai 2010

AMITIE NORD-SUD ???

Ci-dessous l'éditorial de KBS WORLD le 26 mai 2010 :
(version française ; quelques corrections orthographiques)

La Corée du Nord redevient l’« ennemi principal » du Sud.

La Corée du Sud a officiellement décidé, pour évoquer la Corée du Nord, de reprendre la désignation officielle d’« ennemi principal ». Une décision qui en dit long sur l’état d’esprit dans lequel se trouve aujourd’hui le gouvernement de Séoul. Cette appellation avait été abandonnée en 2004. On assiste donc, ni plus ni moins, à un retour du temps de la guerre froide, quand la Corée du Sud était sous la coupe d’une dictature militaire de droite, d’obédience américaine, et que la Corée du Nord, restée fidèle à l’idéal stalinien, creusait des tunnels sous la frontière terrestre, pour envahir le Sud. A l’époque, la fracture entre les deux Corée résumait assez bien l’antagonisme effrayant entre Est et Ouest, entre Washington et Moscou.

Aujourd’hui, on pourrait penser que cette fracture n’existe plus que dans les livres d’histoire. Mais hélas, ça n’est pas le cas. Elle reste vivante, et bien vivante, dans la péninsule coréenne. Cette requalification de la Corée du Nord, de la part de Séoul, en « ennemi principal » pourrait sembler puérile. Le Nord a toujours été, et reste, l’ennemi « naturel » du Sud. D’ailleurs, les deux pays sont toujours officiellement en guerre. La guerre de Corée s’est en effet soldée par un simple accord de cessez-le-feu, en 1953. Les 10 ans de réchauffement intercoréen qui viennent de s’écouler, et les multiples projets économiques communs qui les ont accompagnés, sans compter deux sommets intercoréens, en 2000 et en 2007, avaient fini par le faire oublier.

Ces temps ont été abruptement révolus avec le retour au pouvoir, à Séoul, en février 2008, des conservateurs avec, à leur tête, le président Lee Myung-bak. Eux sont, pour ainsi dire, de la vieille école : héritiers politiques de la dictature militaire, ils sont férocement anti-communistes. Pour eux, le régime de Pyongyang symbolise le mal et, ils ne s’en cachent pas, seul son effondrement pur et simple pourrait les satisfaire. De l’autre côté du 38ème parallèle, le régime et les militaires sont tout aussi bornés. Ils estiment que Séoul est gouverné par des « traîtres », à la solde des Etats-Unis, un gouvernement de « fantoches » qui a pour seul but de les chasser.

C’est dans ce contexte, déjà très tendu, qu’est survenu le drame du Cheonan. Le 26 mars dernier, cette corvette sud-coréenne qui patrouillait en mer Jaune, a sombré en quelques minutes, causant la mort de 46 hommes d’équipage. Une catastrophe nationale, et un choc, pour tous les sud-Coréens. Bien sûr, dans cette zone maritime qui a toujours été revendiquée par la Corée du Nord, on suspectait Pyongyang d’être responsable du drame. Pourtant Séoul, pour éviter d’aggraver les tensions, a soigneusement évité d’accuser le Nord sans preuves. Une équipe d’enquêteurs a été mise sur pied et pour preuve de son impartialité, la Corée du Sud a pris soin d’y incorporer des experts de plusieurs nationalités : Américains, Canadiens, Britanniques, Suédois et Australiens ont décidé que c’était bien une torpille nord-coréenne qui a coulé le navire. Un résultat formellement démenti par Pyongyang, qui a décidé de s’offusquer de cette accusation. La Corée du Nord a, en conséquence, déclaré qu’elle gelait toute relation avec le Sud.

L’appellation d’ennemi principal redonnée à la Corée du Nord ne risque pas d’apaiser les choses mais, de son côté, Pyongyang ne se gêne pas pour dire que le gouvernement sud-coréen est composé de « traîtres ». En bref, il y a peu de chances de voir rapidement les relations intercoréennes revenir à un niveau de sociabilité raisonnable.

12 mai 2010

할아버지

Je croyais avoir refermé ce blog... avoir fait le tour (voyez l'image précédente)... mes amitiés coréennes circonscrites...
Ciseler encore quelques enluminures... puis relier et classer ça au rayon "Corée" de mon musée personnel.

Mais la vie me bouscule. Elle sourd où je n'attendais pas.
Je n'étais pas préparé. Je n'avais pas organisé cette nouvelle histoire.
Ce n'est plus moi qui force les choses.
C'est la volte-face de Corée-mon-amie sur mon chemin.
Je n'ai pas entendu le tonnerre claquer sur Bukhansan,
je n'ai pas vu s'annoncer l'averse, drue, soudaine et vivifiante,
comme en soirée du dernier Chuseok sur Myeong-Dong :
Un enfant à naître cet automne, qui sera mon petit-fils ou ma petite-fille !

Ne cherchez pas du côté de Benoît, ni de Yuna, ni de Samuel, ni de Damien.
J'en dirai davantage dès que la maman voudra bien.

C'est un grand bonheur. Inconnu.

"Faites toutes choses nouvelles ! "

01 février 2010

보고 싶은 성자 씨께 à Song-Ja, la revoir


Au printemps 2000, voici dix ans, j'avais sollicité Jack mon Maître-en-Corée pour tenter de retrouver Song-Ja.
Il m'avait demandé quoi lui dire de ma part s'il la retrouvait.
J'avais répondu ceci :
à Song-Ja
tu diras
que son nom est doux à mes lèvres
et chante à mes oreilles
quand je l'appelle à coeur perdu depuis mes errances
mes jours et mes nuits
que son image plus sainte à mes yeux qu'une icône
jamais ne me quitte
que les plus durs travaux en solitaire au fond des bois
ni la foule des rencontres au travail
ni les enfants ni les amis ni les parents à la maison
ne m'écartent de sa compagnie
au contraire
qu'elle habite tout ce que je fais
quand je reçois à ma table c'est elle qui m'a appris
c'est elle qui prépare mon coeur
qu'elle est belle
que l'harmonie de son visage apaise les cahots
de mon existence
qu'il est heureux l'homme à qui elle se donne
que ses enfants
sont les frères et soeurs de mes enfants
qu'elle est la femme
belle serviable discrète efficace attentionnée
comme chacun la cherche
que je me réjouis si elle est heureuse
que je pleure avec elle si elle ne l'est pas
que pour la retrouver je voudrais croire au paradis
que je veux auparavant
la revoir dans cette vallée de larmes
que je l'aime
tu ne lui diras rien qui la ferait souffrir

13 janvier 2010

WON Adjeossi n'est plus...

(Chuseok, 25 septembre 2007, à Mokdo/Hadong)

Hier, Yuna m'a informé du décès de son oncle.
C'est le Monsieur à gauche. Chaque année la famille WON célèbre Chuseok chez lui.

Et en même temps, l'anniversaire de sa mère.
L'année suivante (2008), il était à l'hôpital, Chuseok était triste.
L'an dernier, il était rentré à la maison. Il avait repris son travail, à la tête d'une importante entreprise familiale de maraîchage.
Avec le père de Yuna, nous portions souvent à ses ouvriers sur les chantiers de Mokdo le repas du matin préparé au restaurant de sa maman à Jeondo.
Je l'ai donc revu il y a trois mois. Il se disait heureux de ma visite. Il m'a dit souhaiter me recevoir à nouveau chez lui à l'automne 2010, pour le prochain Chuseok.
Mais j'avais senti dans son invitation quelque chose comme l'espérance de transcender une fatalité proche qu'il pressentait.
Oui, j'irai le voir pour Chuseok, à sa dernière demeure.

Avec Yuna et Yukyoung, je prie pour lui et sa famille :
A côté de lui : son père, puis sa mère, puis son frère le père de Yuna.
Debout derrière : son épouse, sa fille, son fils, sa soeur, moi.
C'est la maman de Yuna qui avait pris la photo.

(lotus du bassin sous les fenêtres de sa maison de Mokdo)

07 janvier 2010

YUNA, toujours

Velars, 29 décembre 2009, au petit matin :


"Petit matin", pour elle ! En fait, c'était midi passé. Je l'avais seulement sortie du lit pour lui dire que je voulais aller porter un petit quelque chose à ma voisine la vieille dame allemande, seule et souffrante.
Elle a voulu confectionner un cadeau à la manière coréenne : froufrous de papier doré, rubans... un peu kitsch certainement, mais de quoi décupler le plaisir de recevoir une part de mon gâteau au yaourt, trois clémentines, sept papillotes et une rose.
Puis elle a juste enfilé un manteau sur son pyjama, et nous voilà partis dans la neige jusqu'à la porte de Madame Perrot.
-
Ces quelques minutes m'ont rappelé en particulier la soirée à l'hôtel de Seogwipo avec Damien à l'été 2002 où elle avait su transformer le pique-nique frugal en réveillon de bonheur fou, à partir d'une banale barquette de kimpap, d'un bol de ramyeon et d'une grappe de raisin rapportés de la supérette locale.
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Ici, entre le départ de Samuel et l'arrivée de Hyejin, nous avons eu deux jours entiers rien qu'à nous deux : l'occasion de reparler de son baptême encore tout frais, de choisir dans la Bible des passages expressifs à nos coeurs, de nous les traduire, de nous laisser rapprocher un peu plus de Celui qui nous unit désormais.
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Mais je me pose beaucoup de questions :
Tout ça n'est-il pas trop ? un papa peut-il être aussi proche de sa fille ? n'y a-t-il pas un risque de la maintenir dans une situation de dépendance affective ? de gêner chez elle le développement d'une relation adulte avec un compagnon pour la vie ?
Chez ses parents à Hadong, la chambre où je dors est pleine de ses souvenirs d'enfance et de jeunesse, ainsi que ceux de Yukyoung. Quel est ce plaisir de feuilleter leurs albums ? rattraper les dix-neuf années qui me manquent de sa vie ? est-ce souhaitable, est-ce possible, est-ce légitime ?
Hier et aujourd'hui, nous avons bavardé sur Live Messenger : d'elle, du départ compliqué de Hyejin, de son bijou oublié chez moi... Demain, elle me fera signe probablement aussi depuis son travail. N'est-ce pas recommencer avec elle ce que j'avais vécu avec Julie (voir le message du 24 décembre 2007) ?
Maintenant qu'elle m'a beaucoup dit de ce qui la tenait en froid avec son père coréen, maintenant qu'elle a fait la part des choses, et qu'elle renoue avec lui, ne devrais-je pas m'écarter ? jusqu'à laisser filer le processus d'adoption ?
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Et mes fils ? n'auraient-ils pas tout lieu d'un certain agacement, voire de jalousie, de cette relation privilégiée, eux qui commencent à me dire que je suis un peu trop distant - respectueux, leur dis-je - de leur vie personnelle !
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Vous, les papas qui entretenez une relation régulière et affectueuse avec votre ou vos filles, dites-moi ce que vous en pensez !
C'est aussi pour ça que j'ai rédigé ce message.

03 janvier 2010

BONNE ANNEE 새해 복 많이 받으세요...

... à vous tous Coréens de France ou de Corée,
Français de Corée ou de France,
et à vous, autres lecteurs d'autres horizons.

Ces images m'ont dit le bonheur,
le leur, j'espère... le mien.
Puissent-elles aussi vous parler !




(Samuel venu d'Oxford, Yuna de Londres, son amie Hyejin d'Ulsan juste pour quelques jours avec elle chez moi, et Yukyoung à Busan)

01 décembre 2009

Racines Coréennes... et autres horizons

Paris, 29 novembre 2009
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Keum-Ju, Gabriel et Nori.
Keum-Ju, j'avais fait sa connaissance au Seollal 2004 organisé par l'Association des Coréens de Dijon. Il y a deux ans elle m'avait sollicité pour relire et corriger son mémoire de Master, comme l'avaient fait Gee-Eun, puis Young-Ok, pour leur thèse. Chaque fois, un travail passionnant.
Les racines de Gabriel sont moitié coréennes, moitié japonaises. Né en France, comme Cia, il aura plus tard le choix entre les trois nationalités... voire de choisir les trois, car le gouvernement coréen pourrait bien atténuer l'exclusivité légale en vigueur aujourd'hui.
En tout cas, il est charmant. Il parle dans les trois langues.
Nori est cuisinier, il tourne dans des adresses prestigieuses (le Ritz, le Bristol...) histoire d'enrichir sa culture culinaire avant de créer quelque chose à son compte qui tiendra de l'Asie et de la France.
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Gabriel m'a repéré comme "halabeoji". Le coréen a sa faveur.

Meera.
Nous nous étions rencontrés au Seollal 2009 organisé par Racines Coréennes. Elle avait expliqué "Mixmonde", son marché de créations artisanales de qualité : productions d'origine coréenne dans un premier temps, puis latino-américaine, puis...

Virginie, également née au pays du matin frais.
Tous les derniers dimanches du mois, Racines Coréennes propose à ses adhérents un déjeûner coréen. Actuellement au Restaurant Guibine Opéra, 44 rue Sainte Anne, dans le 2ème. Le kimchi y est adapté aux palais français, peu pimenté...

Hamkae, c'est la publication trimestrielle de Racines Coréennes :
Des nouvelles, beaucoup de témoignages - très instructifs pour nous parents adoptifs -, des reportages sur les derniers voyages en Corée, les avancées politiques liées à l'adoption, en France ou en Corée, les événements culturels, tout ce qui peut relier les adoptés à leurs racines, le programme des réjouissances à venir...

Meera était retournée vivre deux ans dans son pays natal. Ca lui vaut de pratiquer le coréen mieux qu'aucun de nous.
Elle m'a dit avoir milité en Corée pour le visa F4. Fin des années 90, ils étaient une douzaine d'adoptés à avoir manifesté devant le Parlement pour faire entendre leur droit moral à un peu de facilité au retour...
Mon fils Benoît te doit quelque chose ; je lui expliquerai.

Virginie à nouveau, avec Hicham son mari : autres racines ! Nous avons ainsi évoqué Fez, Meknès, Marrakech, la vallée du Draa... Fatima n'était pas loin !

22 novembre 2009

좋은 시간을 보냈다 ! Bons moments !

Critiques gastronomiques en quête de bonnes caves ; invités par le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne à l'occasion de la vente des Hospices de Beaune.
Ici, Domaine Rapet à Pernand-Vergelesses le 16 novembre 2009 sous la houlette de Sun-Ju.
Monsieur KO Hyung-Wug et Madame KIM Kyung-Sook sont des célébrités en Corée, leurs ouvrages se vendent comme des petits pains ; avec M. SON ils sont la référence pour le vin !
Décidément, après LEE Kwang-Jae et PARK Jae-Hyun, ce sont encore des Coréens qui m'auront enseigné le vin...
mais la charge de piloter ce monde de vignes en caves bourguignonnes m'aura tenu à l'écart des excès !

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Le vin... l'eau...

8 novembre 2009 à Londres.

Radieuse, Yuna !...
... même si le baptême n'a pas miraculeusement effacé tes soucis.

Nous avons longuement parlé. Accompagner l'éclosion d'une foi toute neuve, c'était pour moi merveilleux.

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... et le grand air !

Yukyoung, le jour cette balade, tu portais les boucles d'oreilles en diamant que je t'avais offertes pour tes vingt-quatre ans. Plaisir pour toi, c'est sûr ! mais aussi attention particulière à mon endroit. Revivre à tes côtés quelque chose de l'ivresse des sommets où Julie m'avait entraîné. Merci !

Nogodan, donc, le 25 octobre 2009.

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21 octobre 2009, devant Namhaedo... Yuna Omma, un "bon moment" que tu avais cherché !

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Busan, 18 octobre 2009.

Récitation de la leçon de coréen à Eun-Jin. Jamais vu mon fils aussi attentif à l'école.

Je devrai bientôt y retourner pour rencontrer la belle-famille et organiser le mariage.

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KOH Young-Joon mon ami musicien, Eun-Seon son épouse...

... ses parents, son frère et sa belle-soeur. Tout ce monde installé désormais à Vancouver.

12 octobre 2009, Thanksgiving Day. Date choisie par la communauté canadienne-coréenne pour fêter Chuseok.

Le papa, un homme sage. J'aimerais que Yuna puisse le rencontrer. Il serait pour elle d'excellent conseil.

"Mon café au Canada..." si gentiment préparé par Eun-Seon.
A Vancouver comme à Londres, à Brisbane comme à Paris, Dijon ou Velars, ces Coréennes restent aussi attentionnées qu'à Sorokdo, Séoul, Suwon, Naesosa ou Hadong...

... mais les Canadiens "British", ou "Caucasiens" pratiquant la langue de Shakespeare, ne font-ils pas, eux aussi, un effort magnifique pour servir le francophone autant que l'Asiatique !

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Séoul, 5 octobre 2009. Reconnaissez LEE Kwang-Jae, son épouse Young-Soon, leurs enfants Min et In.

K-J fait sa place dans le commerce de vins.
Quand tu viens marchander en Bourgogne tu auras toujours un pied-à-terre chez moi. N'hésite pas !

4 octobre 2009 : Chuseok à Séoul.

Jae-Hyun, Young-Ju et Cia, les voilà depuis deux mois et demi en Corée.

Etrangement Cia parle toujours français, elle m'a bien reconnu.

Son papa a trouvé un emploi dans le métier qu'il avait appris à Beaune, dans les caves et les vignes alentour. Sa mission : tenter la vinification du raisin coréen... ça n'est pas encore gagné, mais ils vont y parvenir !

Maman pouponne à nouveau, avec tous les soucis que pose l'arrivée d'un deuxième dans une situation précaire. Ils mériteraient que le pays leur vienne en aide.

Young-In, tu ne lis pas le français, mais je veux te dire ici l'immense plaisir que j'ai eu de te revoir.

Je suis sceptique quant aux chances d'emploi dans la formation universitaire où les parents te pressent. Ca me désole. Mais, comment changer cette sacro-sainte éducation "à la coréenne" scorie confucéenne !

Les deux soeurs : l'une va à l'église, l'autre au temple bouddhiste. J'essaie de comprendre. Je pressens que l'une et l'autre concourent à la même vérité.

Chuseok toujours, à Séoul.

Pour la première fois, la ville était tranquille. Les familles en balade au Cheonggyecheon voulaient croire que l'après-midi devait durer, durer... le démon Palli-Palli ne reviendrait pas demain matin ! ! !

02 novembre 2009

Yuna, Yukyoung

Daewonsa, le 21 octobre 2009 :


J'ai posé mon sac.

지일 스님 est venue préparer le thé. Un sachet de thé vert ouvert tout spécialement pour célébrer ma visite annuelle : cinq petites tasses successives pour apprécier cinq goûts différents. Et cinq histoires à raconter :

Benoît et sa fiancée à Busan,

Koh Young-Joon, son épouse, et sa musique, à Vancouver,

Yuna Omma à son restaurant de Hadong,

Young-In et ses études à Séoul après Naesosa,

Yuna qui demande le baptême à Londres.


Oui, mi-septembre Yuna m'a annoncé son prochain baptême. Ca a été le typhon dans ce que les Coréens appellent 마음. Bourrasques contradictoires. Trouver un endroit et une oreille attentive pour faire le point. Alors, même si la maman de Yuna n'a pu réprimer une légère moue de jalousie quand je l'ai informée d'une matinée chez les soeurs de Daewonsa, j'y suis allé. Là-bas, les émotions se calment et les idées s'ordonnent :

Joie immense, évidemment. Partager avec ma fille le plus intime du coeur de l'homme. J'avais caressé ça en son temps de la part de Fatima ou de Julie. Mais, depuis que Yuna nous avait confié à Samuel et moi le 18 août 2001 en visitant le temple bouddhiste de Jinju dominant le rocher de Non-Gae, qu'elle ne croyait en rien, je ne pouvais l'imaginer... même si, à l'occasion de célébrations de la Nativité à Dijon, elle avait témoigné d'une bonne connaissance des aspects essentiels de la foi chrétienne, au point qu'elle avait participé pleinement à l'Eucharistie. Le baptême récent d'Orphée - dont elle était aussi - a dû lui parler. Mystère des chemins de l'Esprit.

Mais, quelle confession ? et quelle précipitation ! et quelle pacification dans son coeur brisé ?

Je redoute qu'elle ait été la proie d'une soi-disant "église" évangélique, de celles qui savent si bien capturer les âmes blessées pour les entraîner vers des paradis aussi factices que merveilleux. Pourvu qu'elle ne me raconte pas des histoires de "born again", à l'instar des amies de Bokyoung à Brisbane ! Ici à Dijon, j'avais dû affronter cette plaie, dénoncer les agissements d'un auto-proclamé "pasteur" expert à embrigader les cohortes d'étudiantes coréennes débarquant perdues... pour les embarquer dans une pseudo-communauté évangélique ou régnaient en fait les discours simplistes, les "enseignements" à deux balles, les prières infantilisantes, les interprétations torturées de la Bible, la manipulation, l'ambition, le mensonge et l'hypocrisie... J'étais venu, j'avais participé, espérant y trouver un lieu de vérité spirituelle. Déception !

Vraiment, je veux éviter ça à ma fille. Mais je ne sais pas encore la spécificité de cette confession. Sous le sympathique vocable "chrétien" on trouve de tout : des Cathos de toutes couleurs, des Charismatiques, des Réformés, des Luthériens, des Anglicans plus ou moins éloignés de Rome, des Evangéliques, des Baptistes, des Pentecôtistes, des Episcopaliens, des Presbytériens, des Adventistes, des Méthodistes, ou une soupe de tout ça à l'américaine, des sympathisants, voire des gourous autonomes, des "faith businessmen", des illuminés... Et en Corée, la spiritualité occidentale a suscité un florissant super-marché, les chapelles y sont innombrables et concurrentes, elles rivalisent d'altitude de leurs clochers et autres démonstrations de réussite. A faire pleurer de gêne un chrétien européen !

Une chose est claire pour elle : ce qui primait dans son choix, c'était de trouver une communauté où elle comprendrait le langage de la foi qui s'y exprime, donc une communauté coréenne. Ca avait déjà été le choix de sa room-mate Sue, débarquée catholique depuis Séoul à Londres, puis qui avait erré dans les paroisses catholiques ou anglicanes alentour, jusqu'à trouver son pain dans une communauté "chrétienne" certainement, mais d'abord coréenne. Ce phénomène parle aussi de leur faible capacité d'insertion à l'étranger. Ca me fait douter de l'avenir de Yuna à Londres. Je le lui avais dit.

Ce matin, elle vient de m'avertir que son baptême aura lieu dimanche prochain, à Londres. D'ici là elle travaille sa Bible. Je serai auprès d'elle. Great ! m'a-t-elle dit. Pour l'épauler, bien sûr ! c'est ma fille. Pour participer à la fête... ma plus belle chemise blanche, une croix en or comme cadeau... Mais aussi pour comprendre et pouvoir en parler avec elle.

Et Yukyoung à Busan m'a dit prendre le même chemin. Ca me ferait de la peine de voir les deux soeurs se résigner à une vie de pieuses célibataires. Croient-elles y trouver le moyen d'un bonheur personnel ? Jack T. m'avait dit à Séoul que des filles de Corée entrent volontiers en religion pensant y obtenir le bonheur, c'est leur "deal". Et elles sont légion en Corée ces "Golden Miss", catherinettes plus ou moins résignées qui tentent de sublimer leurs déboires sentimentaux, leur solitude, ou la précarité de leur avenir... quand 우리 나라 manque cruellement de jeunes mamans !

Priez pour elles !


(Haeundae, le 18 octobre 2009)

Yukyoung, regarde bien cette photo !

N'es-tu pas déjà parfaitement équipée pour le Paradis ?

19 août 2009

Retour ?

Dimanche, Alice réunissait ses amis et ceux de Julien pour fêter son retour.

Orely était là aussi, et Jean-Michel. Tous trois revenaient de participer au même "Home Coming" à Séoul, à l'invitation de la République de Corée.

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Retour ! Quel retour ?

Le retour en Corée leur pays natal, ou le retour de Corée ?

Anne-Kim L, l'ancienne présidente de Racines Coréennes avait intitulé "le retour impossible" son film diffusé sur FR3 voici quelques années relatant ses multiples tentatives de renouer avec ses origines. Il y a un an nous nous rencontrions sur le même vol pour Incheon.
Benoît mon fils, après y avoir revu sa mère et toute sa famille à plusieurs reprises, vit en Corée. Depuis un an et demi. Il parle mariage avec une fille de Busan.
Yuna ne veut pas entendre parler de retourner vivre en Corée, juste parfois pour les vacances, voir sa maman, sa soeur et ses amies... mais en garde farouchement la nationalité !
Samuel semble être au-delà de tout ça, le monde est son jardin. Mais sa chambre reste celle de Velars.
Damien évoque à nouveau d'aller voir sa mère à Daegu. Son frère aîné Benoît s'en réjouit. Moi aussi.

Sur le groupe de discussion de Racines Coréennes, les Adoptés échangent vivement sur cette question : retourner ou ne pas retourner au pays natal ? Renouer avec sa famille de là-bas, ou s'en tenir à sa famille française ? Liquider ou ne pas liquider les souffrances passées ?
Elodie T avait choisi "l'identité de l'adopté" comme thème de mémoire de Master. Chaque année elle annonce son retour aux racines... pour l'an prochain !

Je lis tout ça. J'écoute. Je mesure à chaque fois un peu plus la gravité de la question... et la diversité des réponses.
Quand Racines Coréennes me sollicite sur cette question, je rédige et confie mon expérience de père multi-adoptif (cf Hamkae N° 37 : "un papa heureux"). Elle reste personnelle et limitée...

Vous trois, et les autres, disposez désormais d'un surcroît de conscience de votre mystère.

Cadeau ou fardeau ?

Comme me l'écrivait Orely hier, puisse ce retour vous introduire à davantage de sérénité !
Au sens fort et premier de ces mots je vous souhaite :


안녕히 계세요 !


Et une mention toute particulière pour Sun-Ju qui a conféré au buffet-barbecue sa marque d'authenticité coréenne, avec toujours autant de prévenance et d'efficacité. Bravo !

Et à tous : merci !

16 juillet 2009

시아



Dans quelques minutes, Cia et ses parents atterrissent à Incheon.

Sur l'autoroute elle comptait les "camions", puis à l'approche de Roissy, les "bihaenggi" d'abord "papions" mécaniques dans le ciel, puis de plus en plus gros autobus ailés...

Sa maman me disait que Cia n'avait pas réalisé qu'ils allaient tous les trois emprunter le bihaenggi qui les emmènera très loin...
... loin de "Anne-Onni", la fille de Sun-Ju et Olivier, loin de Mamie Marie-Claude et Papi Michel, ses marraine et parrain à Dijon, loin de "Bernard-Adjeossi" (moi-même).

J'aimais sa manière de mélanger la langue de ses parents et le français qu'elle pratiquait, bien obligée, à la garderie... et qu'elle aura complètement oublié dans quelques semaines, plongée dans un monde uniquement coréen.

Née en France, partie toute petite en Corée, elle fait le chemin inverse de mes enfants.

Petit bout de bonne femme, je m'interroge :

"Que sera ta vie ? "

20 juin 2009

좋아요!... J'adore !

Depuis Londres, le 15 juin 2009 (dix jours en avance) :


Yuna, tu es délicieuse !

Le Ciel me comble.

Merci.

23 mai 2009

Président ROH

L'ex-Président ROH n'est plus.

Il n'a pas supporté les accusations portées récemment contre lui et sa famille.
Fondées ou pas fondées, je ne sais pas.
"Perdre la face" en Asie est insupportable. Encore davantage pour un personnage public.
Le monde politique français avait connu un semblable drame il y a quelques années.

Je veux dire ma compassion à tous les Coréens attristés par cette fin tragique.

Parmi ses combats : réunifier le peuple coréen. Ca demandait un grand courage politique.
Un successeur de la même veine y serait probablement parvenu.

Paix à son âme.
_
KIM Tae-Hoon, mon ami de Busan, me répond ceci :
"Hello and Bonjour ! We Korean are so sad today because of formal president Roh's suden death. He sacrificed himself to democracy in Korea and we are sure that he will be recorded as a greatest president in Korean history."
_
Désormais, l'escalade verbale au Sud pour contenir la paranoïa nucléaire du voisin-cousin serait inefficace et dangereuse. La main est passée à l'Empire du Milieu.

17 mai 2009

Hiromi ne viendra pas...

Elle se marie.
Ils partent vivre à Shanghaï.

Est-ce bien raisonnable de chercher encore à se voir ?

24 avril 2009

ORPHEE ... YUNA

- Orphée ?

- Me voici !

- Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit...



Ce dialogue a résonné samedi soir 11 avril 2009 sous les voûtes de la Cathédrale Saint Bénigne. C'était Pâques... Enfin, c'est surtout Mgr l'Archevêque de Dijon qu'on a entendu, par ampli interposé, Orphée n'avait pour lui que sa voix fluette de onze ans, bien assurée cependant.

Merci à l'homme d'Eglise d'avoir bravé la Tradition en osant appeler Orphée par ce prénom. C'est ainsi que ses parents Young-Ok et Jean-Luc l'avaient prénommé. Prénom jusqu'à présent inconnu de la Litanie des Saints.

Alors, j'ai pensé ceci - et je l'ai dit à mon filleul tout neuf :

- Le prénom "Bernard", avant d'avoir droit aux autels du monde chrétien par reconnaissance des vertus de mon Saint Patron, était également issu des mythologies dites païennes, nord-européennes. C'est une invitation à vivre la sainteté. Orphée, tu seras le premier Saint du nom !

- J'ai pensé aussi que sa réponse positive à l'appel au baptême est pour lui le premier acte libre, responsable, dans sa jeune vie. Nous, baptisés à la naissance, n'avions pas eu cette chance.

- Je lui ai dit également que je m'efforcerai de l'accompagner sur ce chemin où il s'engage... J'ai cité en modèle ma marraine, Tante Hélène, qui avait su, discrètement mais très à propos, me donner les bons conseils.


Et Yuna ?

Yuna aussi était de la fête. Elle avait choisi de venir chez son papa français pour Pâques. Et de partager la joie de mes amis franco-coréens. Merci à Young-Ok et Jean-Luc de l'avoir reconnue comme ma fille.



Que de chemin depuis ce 17 août 2001 où elle nous avait interpellés Benoît et moi sur la plage de Gwangalli à Busan... (un peu de cette histoire est raconté dans les pages antérieures) !

La construction du sentiment et des liens père-fille a demandé de longues années. Ce positionnement réciproque n'était pas évident au départ. De mon côté, son irruption a bousculé ma vie :

Qui était-elle pour moi : une ré-incarnation de Song-Ja ? une nouvelle petite soeur, et moi son grand frère ? un petit oiseau blessé tombé du nid sur mon chemin ? une petite amie aussi impossible que providentielle ? la présence féminine qui manquait au milieu de nous quatre ? une immortelle source de jeunesse ? un concentré de prévenance asiatique ?... Un mélange confus de tout ça certainement.

Elle aussi se posait ces questions. Il y a eu des mises au point. Comme un clash, une fois. C'est elle qui a exprimé la demande que " je la considère comme ma fille ". Les démarches visant l'adoption simple ont contribué à la sérénité entre nous et avec les membres de nos familles... pas encore tous !

Mais l'adoption en France d'une Coréenne non-francophone qui vit à Londres pose un problème administratif nouveau : la procédure à suivre n'est pas la même selon que l'on demande à l'Avocat, au Greffe du Tribunal, au Consulat de France à Londres, à un Notaire d'ici ou à un homme de loi de là-bas... Je ne sais si ça aboutira. En tout cas je remercie l'Ambassade de Corée à Paris d'avoir authentifié sans hésitation les traductions (par Sun-Ju) de son état-civil coréen - autrement détaillé que l'équivalent français !

Si ça devait rester en panne sur le terrain judiciaire, je tiens à dire ici que Yuna est - au moins - ma filleule. Le diamant que je lui avais offert à Seogwipo voici bientôt sept ans a la même charge de promesse, de fidélité, d'éternité, de "애정" également, que le bijou donné à Orphée.

01 février 2009

Sun-Hee 이 선희

Ce matin, Sun-Hee (Cendrillon, cf billet du 26 janvier 2008... Mon Dieu ! un an déjà !) m'envoyait un petit message sur Facebook.

Pour me saluer, pour prendre de mes nouvelles, et pour me donner son nouveau N° de téléphone.

C'est gentil. Ca m'a plu. C'est mon bonheur pour la journée.

Elle a un peu de Hyun-Ju, quelque chose d'Emilie, et beaucoup de Yuna.

Quand on s'est revu fin septembre à Séoul, elle m'a dit que je suis pour elle comme son père. Elle me l'a répété depuis, sur Facebook : "you are like my parents".
Elle me sollicite et elle écoute mes conseils. Même depuis l'autre bout du monde, ça n'est pas un problème.

Par exemple, elle cherche à travailler comme hôtesse de l'air. C'est dans cette idée qu'elle a passé une petite année en pays anglophone.
C'est à Brisbane que nous nous étions connus le 1er janvier 2008, avec quelques-unes de ses amies coréennes, nous cassant le nez côte-à-côte sur la porte d'un restaurant coréen fermé... Oui, Brisbane est une colonie coréenne ! Du coup, nous avions davantage fait connaissance, nous étions allés ensemble dîner ailleurs, et nous nous étions revus dans la semaine. Et nous sommes restés en contact.

Bo-Kyoung, votre serviteur, Hyo-Jin, Sun-Hee

L'accès au métier et à l'emploi d'hôtesse de l'air est assez aisé pourvu que l'on soit en bonne santé, avec une taille suffisante, qu'on parle bien anglais, qu'on fasse preuve d'un optimisme à toute épreuve - je tiens ces critères de sélection de professionnelles de Korean Air.

Sun-Hee a obtenu des "interviews" avec la plupart des compagnies aériennes asiatiques qui desservent la Corée. Recalée chaque fois. Repartant toujours à l'assaut.

Je l'ai invitée à se poser la question : Pourquoi ces échecs répétés ? Et à répondre avec honnêteté, elle-même, puisque qu'elle n'obtenait pas leur explicitation :

Sa santé ? Pas de souci.

Son niveau d'anglais ? Elle dit que le problème est là, et c'est ça qu'elle travaille.

N'y aurait-il pas une difficulté liée à son extrême sensibilité aux personnes ? Une grande qualité dans certaines situations mais, par rapport à ce métier, un risque de fragilité.

Sun-Hee me pardonnera de parler d'elle de façon aussi personnelle. Les jeunes sur Facebook n'hésitent pas à s'exprimer sans retenue.

Puisqu'on vient juste de passer 설날 (Nouvel An chinois à la coréenne), je lui ai souhaité à nouveau :

새해 복 많이 받으세요

01 janvier 2009

2008/2009

2008

ça a été, en vrac, entre autres :

- la chute douloureuse de la belle histoire avec Hyun-Ju,
- le petit monde de Brisbane retrouvé à Séoul : Hiromi, Sun-Hee, et les autres sur Facebook,
- le séjour à Naesosa avec Young-In, Myeong-Hee et Nam-Soo, et les contacts qui perdurent,
- l'approche de la spiritualité bouddhique,
- les bons moments avec les parents de Cia : ici, chez eux, au château de Santenay,
- les échanges avec Racines Coréennes,
- la sympathie exprimée par l'Ambassade de Corée à la lecture de la page "NamDaeMun",
- la tentative de Benoît dans son pays natal,
- la belle assurance de Samuel à Oxford,
- les tourments de Yuna à Londres,
- l'affection renouvelée de sa maman pour moi,
- le problème de santé survenu au mari de Young-Ok,
- les moogoungwha et ketnip de mon jardin,
- le "cadeau des 100 jours" au bébé de Keum-Ju et Nori...

-o-


2009

ce devrait (pourrait) être :

- le baptême d'Orphée,


Young-Ok et Jean-Luc m'ont sollicité comme parrain, Orphée lui-même le souhaite... ça me fait chaud au coeur, comme lorsque Samuel à un an, puis Yuna à vingt-trois ans, m'ont dit : "Papa".

- la visite de Hiromi ici... ça dépend beaucoup de la reprise du Won par rapport aux monnaies occidentales, ou alors j'irai de nouveau les voir tous à Séoul, à Busan, à Hadong, à Suwon ; c'est ce qu'on vient de se dire en guise de Bonne Année - tout ça en coréen - avec la maman de Yuna, qui a réussi un splendide "I love you Bernard !" pour conclure,
- ou le mariage de Yukyoung, j'ai promis d'être de la fête,
- le retour du fils prodigue,
- les retrouvailles avec les anciens amis : Jean, Bernard, Guy... leur raconter un peu de ça, c'est trop fort,
- quelques bons moments à la forêt,
- ... les bonnes surprises, ou les difficultés inconnues...

à coup sûr, ça sera aussi de longues heures avec, comme dit Maud, "mon plus cher ami" :

어떻게든, l'An ... Neuf est à faire.

30 décembre 2008

새해 복 많이 받으세요! Très bonne année !



Hier, Yuna m'a dit (écrit) :

"Papa... I wish you live near me and I can go around to talk with you."

C'était le terme d'un long dialogue sollicité depuis plusieurs jours, au cours duquel elle m'a confié ses tourments de jeune femme. Elle avait besoin de raconter, pour faire le point, et d'écouter mon conseil.

A tous les pères, je souhaite un aussi profond bonheur.
...
Young-In, avec ton père... c'est pas du bonheur, ça ?


Et avec ta mère, en plein Kimchi d'hiver !

01 novembre 2008

O Vos Omnes qui transitis per Viam...

Oh ! Vous Tous qui marchez votre Chemin...

Autrefois, refrain du jour de Toussaint. Il m'a manqué de l'entendre aujourd'hui.

Chant de ceux qui viennent,
chant avec ceux qui passent,
chant pour ceux qui s'en vont...

(tombes d'un couple à Jeondo/Hadong, entre rizière et forêt, 2 octobre 2007)

Vous avez défilé dans mes pensées :

Maman, la compassion pour les siens avait orienté ses pas tous les jours de sa vie ; en vue de la fin du voyage elle cherchait à savoir comment ceci serait transfiguré,
Papa, j'ai compris après sa mort quel guide magnifique il fut et demeure pour moi !
Mes trois fils aux destins si singuliers : Benoît, qui piétine au carrefour à Busan ; Samuel, l'itinéraire qu'il s'est tracé traverse Oxford ; Damien, gyrovague entre Mer et Montagne,
Yuna ma fille, qui m'avait dit "ne croire en rien", mais qui témoigne d'une rare foi en sa trajectoire,
Yukyoung, en panne de compagnon pour la vie,
Leur maman, qui compte les années comme autant d'étapes laborieuses et pénibles avant de toucher au bout du tunnel,
Jacqueline, Gérard et mon jumeau qui avait porté quelques heures ce prénom-ci, Marie-Ange, Alain, Chantal,
Bernadette d'Albiez et la foule des cousins-cousines, et ceux qui passent à la forêt,
Gérard B, qui savait s'asseoir au bord du chemin pour regarder défiler la comédie humaine,
Sa soeur Danielle emportée à la fleur de l'âge, je la revois vêtue de blanc,
Roseline V, nous nous côtoyions sur le chemin de retour du Lycée, je n'osais pas...
Et toi, dont je n'ai même pas su le prénom, qui me gardais une place à ton côté dans le bus scolaire qui passait d'abord au Lycée de filles à Blida, puis au Lycée Duveyrier,
Guy C, ami au Lycée Ampère, nos traces ont divergé...
Gudula Linck, rencontrée à Bingen, jamais oubliée, et Gisela Ochs, fascinante Lorelei, très loin dans le temps, les années cinquante, soixante...
Hyun-Ju, nous remontions main dans la main les rives du Tendre, jusqu'à des sentiers trop escarpés à l'approche de Sa Source,
Song-Ja,
Young-In, Myeong-Hee, Nam-Soo, qui vous retrouvez aujourd'hui pour une pause-concert à Naesosa, j'aimerais être à vos côtés... vous penserez à moi, c'est sûr,
Vous, moniales à Daewonsa, halte bénéfique sur les pentes de Geumosan - le chemin est si raide pour y accéder !
Young-Ok et les siens, Jérémy et Shinna, Maud, Cia avec son papa et sa maman,
Young-Joon, l'ami insaisissable, hier à Dijon, puis à Séoul, aujourd'hui à Vancouver,
Keum-Ju et Nori, Gabriel "petit ange" qui leur ouvre un chemin nommé Bonheur,
Sun-Hee-Cendrillon éblouie par les flashes de la grande ville, tu ne sais plus où va ton chemin,
Hiromi, que j'ai invitée à poser ses sacs chez moi,
Bokyoung, qui déchantera un jour de courir à la traîne d'une "église" évangélique,
Tae-Hoon, soucieux d'ouvrir à ses filles les meilleures portes,
Laurence et compagnie, sur le tarmac,
Isabelle et Michel, en stand-by,
Emilie chérie, qui chemine avec son fils, j'ai été son maître, c'est à elle aujourd'hui de m'enseigner la vie,
Une Sylviane qui m'avait suivi un temps, à la dérobée, une autre, qui s'est égarée...
Michèle V, figure de ce qu'aurait pu être l'amour,
Vous dont j'avais croisé la route à Sainte-Foy-lès-Lyon : Michel et Nicole et vos cinq enfants... Bernadette et Jeanine, Louis et Geneviève qui continue son chemin seule, Jack qui m'avait indiqué la Corée... et vous, boussoles dans mes errances : Danièle G, Cécile C, Chantal C, Marina C, Bernadette L, Marie-Pierre L... Marie-Jo B ou Bernadette M qui auraient bien aimé pousser un peu plus loin ensemble ; pourquoi donc vous ai-je abandonnées en si bon chemin ?
Jean B, ton âne t'emmène-t-il où tu voulais ? et Bernard C, increvable et toujours partant pour les pistes sahariennes et autres improbables destinations,
Patrick D, indicateur d'autres chemins...
Michel et Dany B, en pays hostile vous m'aviez ouvert un passage,
Vous, mes filleuls de Bouaké : Jean-Bosco N'zi Koffi et Alexandre-Paul Zio, Monique Traoré, j'aurais dû garder contact... c'est pour ça que je me permets de donner votre nom entier, des fois que nos chemins se croisent à nouveau...
Belladetta, réfugiée dans ta montagne, du côté de Seoraksan ? j'aimerais bien t'y retrouver,
Maria, et les autres ex-collègues qui m'ont oublié sur le bas-côté : Armelle, Odette, Thierry, Edwige, Nathalie...
Fatima "je repars à zéro !"... Aldjia et Pauline qui ont besoin de moi pour pousser à la roue de leur chariot...
Et vous autres, nombreux, qui peuplez mon pèlerinage solitaire même si votre nom ne figure pas dans cette litanie,
Toi qui dis être le Chemin, la Vérité, la Vie.
...
어디 가십니까 ?
Où allons-nous ?


16 octobre 2008

또 만나요 Voilà ! Voilà !


Depuis Séoul, Maud a manifesté de l'intérêt pour ces pages.
Alors, je reprends :

Merci à Emilie L. qui, l'an dernier à 송광사 m'avait initié à cette BD : "la quête du bouvier. Ou : les étapes de l'Eveil".
Je l'ai retrouvée sur la plupart des temples, peinte à l'extérieur du sanctuaire principal. Complète, elle comporte dix ou quatorze panneaux. Tous me parlent.
Mais, rares sont les Coréens qui la connaissent aujourd'hui. Exactement comme est méconnue la BD des grandes figures chrétiennes racontée sur les vitraux de nos églises.
J'avais pensé mettre un terme à mon blog avec pour unique message ce panneau-ci :


Ces deux images proviennent du petit temple de 대원사 sur les contreforts du Mont 금오산, d'où la vue plonge sur la "mer du Sud" et les îles magnifiques autour de 남해도.
J'y suis retourné cet été. J'y ai retrouvé une des moniales de l'an dernier. Elle se souvenait des prénoms de mes enfants, les quatre, bravo ! et m'a demandé de leurs nouvelles.
-o-
C'est vrai, je cherchais à comprendre un peu de ce qui se vit dans ces temples bouddhistes. A l'invitation de 영인, soeur cadette de la maman de Cia, je suis allé à 내소사. Ce jour-là on y tournait un film, avec en vedette une star coréenne dont j'ai oublié l'identité :


(24 juillet 2011)
영인, que je viens de revoir à Séoul,
m'a dit que cette actrice est
수 애
lors du tournage de la série 대장금
"la servante devenue princesse".
D'autres m'ont dit que c'est
이 영애

Excusez l'orthographe défaillante :


영인 m'a initié à saluer le Bouddha et ses deux acolytes. Jusqu'à présent j'étais réticent à participer à ce rituel. Avant de m'y appliquer, je voulais me faire une idée claire de la signification de ce geste. Savoir de quelle manière Bouddha leur est devenu Dieu ?...
Jack, l'ami Salésien que j'ai revu en meilleure santé à Séoul, m'a rassuré : lui aussi salue le Bouddha. La vénération qu'ils ont pour ce personnage, les prières qu'ils lui adressent, les parallèles avec le message Evangélique, tout ça n'est pas très éloigné du statut de Marie dans le monde catholique... Alors, je m'y suis appliqué. Mais c'est une sacrée gymnastique !
J'ai sonné la grosse cloche qui rythme la vie monastique, renouant avec l'emploi de sonneur que j'avais assumé avec précision pendant deux ans au Séminaire Saint-Joseph... A quatre heures du matin, cependant, je restais couché au lieu d'accompagner 영인 à la prière. Et ainsi qu'à elle, la nourriture végétarienne me laissait sur ma faim...
A 내소사 j'ai aussi fait la connaissance de sa collègue 명희 et de leur voisin 남수 :
Lui est menuisier-charpentier spécialiste des constructions traditionnelles (cf. NamDaeMun). Nous avons formulé le projet qu'il m'initie à son art dans son atelier et sur ses chantiers, une autre année. Mon idée est de construire à la forêt un petit pavillon de ce style, simplifié ! Ca me trotte dans la tête depuis longtemps...
Elle, par son attention, m'a rappelé Song-Ja, Sun-Hee... et Emilie D. La communication strictement en coréen avec elle est difficile. Nous resterons cependant en relation.

명희 et 영인

남수 et 영인.
남수, sa vie ressemble à la mienne. Même métier, histoire conjugale similaire, même recherche de sens. Même besoin de présence féminine... sans grand espoir d'avenir !

Oui, Young-in, je rêve à tes côtés !
-
Retournons à Hadong :

Quatre semaines à préparer les tables, accueillir les clients, servir et desservir - Oh ! loin d'être aussi efficace que la maman de Yuna et ses Adjumas retrouvées -, faire la plonge, éplucher de l'ail - 10 Kg chaque semaine ! -, aiguiser tous les couteaux, jouer les porteurs auprès de la patronne au marché... se laisser inviter à la table des clients - impensable chez nous ! mais si agréable !
Quand le service ne pressait pas, ou que Monsieur WON voulait bien se donner la peine de participer au travail, mon vélo piaffait de pédalées touristiques... ou, tout simplement d'aller consulter mes mails à dix minutes de là, au bureau de Monsieur Jung qui m'en avait si gentiment confié la clé !
Comme disent les cyclistes chez nous, cette région n'est que "bosses" !
                              

Ici, le pont d'accès à l'île de Namhae.
                  

Le pont date des années 90. Il a été fait trop vite, comme beaucoup de choses en Corée. Le trafic des camions excède sa capacité... Ils devront certainement bientôt le refaire. Ca fait tourner l'économie ! Sur maintes sections ils en sont déjà à la deuxième génération d'autoroutes. Chez eux, un investissement ne s'amortit pas sur 5, 10, ou 20 ans comme chez nous, le retour doit avoir lieu immédiatement. Sinon on casse et on refait.
Paradoxal, ce peuple où l'histoire se compte en millénaires - quand l'Occident compte en siècles - mais qui vit au jour le jour ! Va-t-il y perdre son âme ?
Je ne pense pas...
                        
En effet, après l'incendie, ils s'attachent à reconstruire NamDaeMun.
-o-

Yukyoung est venue de Busan voir sa maman pour Chuseok.
Avec mon fils Benoît.
                          

A Chuseok, on s'offre des cadeaux. Et les enfants adultes donnent une enveloppe aux grand-parents. Pour pallier l'absence de pension de retraite. La maman de Yuna a voulu aussi me donner une enveloppe !!! En guise de 추석 선물 ? ou de salaire ? N'avais-je pas eu suffisamment d'avantages en nature (logé-nourri-blanchi-choyé) pour le petit mi-temps travaillé dans son restaurant ? ou bien suis-je pour elle un "ancien" ? Je n'ai pas compris... J'ai refusé, pensant aussi que son argent sera mieux utilisé dans un hypothétique prochain voyage en Europe. Mais le Won a perdu la moitié de sa valeur face à l'Euro depuis trois ans, repoussant ainsi ce voyage aux calendes grecques !
Yukyoung était venue avec son ordinateur. J'ai tenu à montrer à sa maman les pages de ce blog écrites en coréen, notamment celles où je lui parle de Yuna, sa deuxième fille - ma fille. Elle a été très émue... Un moment de grand bonheur pour nous deux !
                                   

Romantique. C'est elle qui a voulu avoir ce cliché dans son album-souvenir. Je n'ai pas boudé mon plaisir.
-
Avec Hiromi la Japonaise non plus, le surlendemain à Séoul.
                                        

Pour conclure : une idée de Yukyoung.