22 juillet 2015

De Jirisan au Mont-Blanc

Chamonix, le 10 juillet 2015


A Jirisan - ainsi débutait ce blog il y a huit ans - c'était l'affection débordante de YunaOmma qui me poussait jusqu'au sommet.

Ici face au Mont-Blanc se réalise une promesse de longue date faite à Hyejin et à Soyeon pour les encourager dans leur aventure française.

Plaisir aussi d'avoir rencontré à l'Aiguille du Midi une famille coréenne enchantée d'y trouver un Français capable d'échanger dans leur langue et amoureux du pays du Matin Cool.

La boucle serait-elle bouclée ?
Soyeon a obtenu sa licence avec brio, elle pourrait partir...
Hyejin vient de me faire part de projets très personnels qui devraient l'éloigner...
Les autres aussi vivent leurs vies...
Il devient artificiel de chercher encore à rapprocher les chemins...

Il se pourrait ainsi que cette page constituât le point final de "coreemonamie".

Ce qui n'empêchera pas ma maison et mon coeur de leur rester ouverts, des amitiés de vivre, par-delà les amours impossibles.


자고 있다

Elle dort
Apaisée
A côté de moi
Elle ne sait pas que je la regarde
Elle ne se voit pas dormir
J’imagine mille rêves
Je n’en connais aucun
Elle les aura oubliés à son réveil
Elle me questionnera
Pourquoi ces photos de moi
Parce que c’est bien toi
Intimité à la fois offerte et impénétrable
Je n’ose pas l’embrasser

Elle dort


9 commentaires:

Myriam a dit…

Une promenade près d'un sommet, une boucle qui se boucle, des projets qui arrivent a leur terme, d'autres qui débutent avec l'éloignement, un point final... c'est un peu triste. Et pourtant, ca doit être la vie. J'espère quand même pouvoir lire ici, de temps à autres, des histoires coréennes.

Bernard a dit…

Myriam, qui es-tu ?

Anonyme a dit…

Excuse-moi, je pensais que tu ne connaissais pas tant de Myriams, nom pas si courant que ça. J'ai le même nom de famille que toi. Je suis la fille de ton cousin Jean, la petite fille de ta tante Suzanne et de ton oncle René :-)

Bernard a dit…

Myriam, je me doutais bien, mais n'étais pas certain, que le commentaire pouvait être de ta main. Maintenant, c'est clair. Le message qui suit "Elle dort" confirme les derniers mots de celui-ci : Est venu le temps de remettre les pieds sur terre. Après que Seong-Ja, il y a 42 ans, m'avait entrouvert la porte du Paradis, je cesserai désormais de rêver à l'impossible.

Yoon a dit…

Il ne faut jamais cesser de rêver à l'impossible. C'est en essayant de rendre l'impossible possible qu'on vit les instants les plus forts. Une boucle est peut être bouclée mais la vie n'est pas finie... c'est arrivé à ce qu'on pensait le bout du chemin qu'on découvre qu'on n'en est qu'à l'orée et qu'un nouveau carrefour se dessine.

Bernard a dit…

Yoon, tu as mille fois raison : la vie qui m'a été donné de vivre, jamais je ne l'aurais imaginée possible. Le surcroît de bonheur est survenu quand le me suis efforcé de surmonter le drame familial qui m'avait été imposé. J'ai découvert ce que la nébuleuse psy appelle "résilience".
C'est un peu comme la vigne : taillée, elle produit des merveilles !

Le combat très dur que je mène ces jours, c'est contre l'absurdité qui règne majoritairement à la forêt.
J'ai bon espoir de gagner... pour le plaisir de tous ceux qui vont en profiter : cousins, amis, voisins... professionnels du bois.
Promis, le jour où le bon sens revient j'invite tout le monde à fêter l'événement !

Passe du bon temps. Je t'embrasse.

Bernard a dit…

Cela dit, Yoon, j'ai aussi médité sur ce pilier de la pensée bouddhique : "courir après l'impossible, c'est faire le lit de son propre malheur" (ou quelque chose comme ça).

Bernard a dit…

Faute de français, deux messages plus haut, que je rectifie : " la vie qu'il m'a été donné de vivre..."

Bernard a dit…

"Elle dort", ce poème qui termine Coréemonamie est né de ma proximité avec Hyejin lors de notre évasion en Tunisie en juillet 2015.
Autant qu'elle-même, comme un paradigme de la Corée, il évoque les envies, les essais, les débordements, les impossibilités, les failles, les fantasmes, la joie extatique, ainsi que les blessures éprouvés au contact du Pays du Matin Calme.